Le nouveau groupe d’opposition de droite de Nanterre n’aura pas tenu très longtemps. Six mois à peine après les élections municipales le groupe « Nanterre Ensemble » emmené par Camille Bedin (Les Républicains) a volé en éclat. Trois des huit membres, Alexandre Guillemaud (UDI), Eric Drouche (Libres !) et Samia Boussissi-Poullard (Mouvement Radical) ont annoncé tour à tour leur départ. Tous trois ont annoncé en fin de semaine dernière la naissance de leur propre groupe « Aimer Nanterre ».

A l’origine de la brouille se cache la création d’une cellule de prévention contre la radicalisation durant la dernière campagne des municipales. Les trois élus reprochent à Camille Bedin un « manque de concertation » sur ce sujet sensible qui aurait entrainé une perte de l’électorat. Et ils affirment n’avoir jamais abordé ce thème avec Camille Bedin.

Une série de départs qu’a moyennement apprécié la principale opposante au maire de Nanterre, Patrick Jarry. « Je suis très triste et désolée d’avoir conduit ces trois personnes à être élues et de voir la façon dont ils se comportent aujourd’hui, juste pour des questions d’égo et de frustrations individuelles », confie Camille Bedin qui impute l’idée de création de cette cellule contre la radicalisation à l’un des frondeurs.

« Faux » répond l’intéressé Eric Drouche qui lui aussi dément ces propos. « Je le dis haut et fort, je n’ai pas proposé, demandé, écrit ou décidé du programme de la candidate aux élections municipales de 2020, de Camille Bedin. J’ai alerté et écrit que je n’étais pas d’accord avec la cellule de radicalisation et je peux diffuser de vraies preuves écrites ou des témoignages » affirme l’élu.

Alors que l’opposition de Nanterre n’était pas très fournie, désormais elle est en guerre. « C’est bas, indigne et malhonnête vis à vis des 29 % d’électeurs qui ont voté non pas pour leurs noms, mais pour la liste Nanterre Ensemble. C’est grâce à Nanterre Ensemble qu’ils sont élus. Puisqu’ils crachent aujourd’hui sur ceux qui les ont portés, la dignité et l’honnêteté voudraient qu’ils démissionnent de leur fonction d’élu », s’agace Camille Bedin.

« Si j’ai décidé de faire de la politique, c’est parce que je suis honnête, franc et droit dans mes bottes. Je serai toujours disponible et à l’écoute de chaque personne qui me sollicitera. Je ne suis pas un enfant de Nanterre, mais j’aime Nanterre, sa richesse et sa diversité, sa culture, son énergie et ses talents », rétorque Eric Drouche.

Désormais éclatée, l’opposition de droite de Nanterre compte donc ce second groupe « Aimer Nanterre ». « Ce nouveau parti local rassemblera les nanterriens issus de divers horizons (professionnels, politiques, personnels, etc…) et ayant pour but de former une nouvelle alternative pour la ville de Nanterre. Cette structure mènera plusieurs actions dans la commune régulièrement, notamment aller à la rencontre des nanterriens », assure de son côté le nouveau leader d’ « Aimer Nanterre », Alexandre Guillemaud.