Ils étaient moins nombreux que la semaine dernière mais pour cette nouvelle mobilisation leur motivation était toujours intacte. Alors que Veolia est plus que jamais motivé à mettre la main sur Suez et qu’Engie son actionnaire principal s’agace de la tournure que prennent les choses, les salariés de Suez se sont de nouveau mobilisés ce mardi contre ce projet d’OPA. Parti peu avant 11 heures de la tour Suez, le cortège qui a réuni environ 250 salariés à l’appel de la CGT, la FO, la CFE-CGC, la CFDT et la CFTC s’est dirigé aux cris de « l’OPA on n’en veut pas » vers la tour d’Engie.

Sous les fenêtres de Jean-Pierre Clamadieu qualifié comme « l’odieux » patron d’Engie et de « traitre », les salariés de Suez n’ont pas caché leur colère face à leur actionnaire. Entre pétards et jets de faux billets, les salariés de Suez ne cachent donc plus leur inquiétude face à ce projet d’OPA de Veolia. Dans la foule Nathalie Damy-Dechambenoit, arborait deux casquettes, ou plutôt deux tenues. D’une part celle d’employée de Suez mais aussi celle de maire de la petite commune de Damerey en Saône-et-Loire. Outre la crainte d’un casse sociale, l’élue dit s’inquiéter pour la concurrence. « Sur les grosses agglomérations les seuls qui peuvent répondre à des appels d’offres ce sont Veolia et Suez. Si Veolia nous détruit comme il a l’intention de le faire ça sera un vrai problème pour les communes », s’inquiète la maire qui dit craindre la cession de la branche Eau de Suez à un fonds de pension qui « ne connait rien à la gestion de l’assainissement ».

« Nous ne voulons pas être bradés et vendus à notre principal concurrent »

Si Veolia assure que l’emploi sera pérennisé et a pris des engagements fermes et écrits sur le maintien des avantages sociaux jusqu’à la fin 2023, les salariés de Suez n’y croient pas. « Nous ne voulons pas être bradés et vendus (pour la branche Eau, ndlr) à notre principal concurrent », s’est exprimé Noui Bourahli, coordinateur Force Ouvrière à Suez en marge de la mobilisation. Et selon le syndicaliste « il y a une menace sur 4 000 à 5 000 emplois en France et 10 à 12 000 emplois à l’échelle du monde ».

Le groupe Engie a lui encore réaffirmé son souhait de vendre au plus vite ses 32 % de parts dans Suez à Veolia. Jean-Pierre Clamadieu s’est félicité du caractère « solide » du projet industriel porté par Veolia, qui doit revendre Suez Eau France à Meridiam, un fonds français de gestion d’infrastructures, pour répondre aux exigences de l’Autorité de la concurrence en France et des services antitrust de la Commission européenne. Et le président d’Engie n’a pas caché son agacement après que Philippe Varin et Bertrand Camus, le président et directeur de Suez aient décidé de savonner la planche à ce projet d’OPA en plaçant la branche Eau dans une fondation aux Pays-Bas. L’objectif étant de rendre la branche Eau de Suez incessible et forçant de facto Veolia à céder ses propres actifs français.