Après les « Gilets jaunes » voilà les « Gilets noirs ». A l’appel du Collectif La Chapelle Debout ! plusieurs centaines de travailleurs sans-papiers baptisés « Gilets noirs » ont investi ce mercredi en début d’après-midi le hall du siège d’Elior, à la tour Egée. Ce collectif de militants en soutien aux migrants qui a réussi à réunir quelques 300 personnes souhaitait avec cette action protester contre le groupe spécialisé dans la restauration collective qu’il accuse de faire « travailler de force sous la menace de la dénonciation et de la déportation », selon un communiqué publié par La Chapelle Debout !. Certains accusaient l’entreprise de les faire travailler pour moins de 50 euros par jour, parfois pendant des mois pour des missions de nettoyage des sans-papiers.

« Nous sommes là pour demander à Elior d’arrêter d’exploiter des sans-papiers. Ils sont mal payés. S’ils dénoncent leurs conditions ils sont virés, affirme Camara. Un sans-papier qui travaille 36 heures par semaine est payé 500 euros par mois ».

Des accusations qu’a fermement réfuté le groupe Elior. « Entreprise responsable et engagée, Elior tient à réaffirmer son engagement à respecter le droit du travail et à veiller à son application stricte sur l’ensemble de ses sites. Elior s’engage également à lutter contre toute forme de travail illégal » peut-on lire dans un communiqué du groupe qui dit « déplorer l’intrusion de manifestants » dans le hall de sa tour.

Dans l’après-midi une délégation a été reçue par des membres de la direction d’Elior pour écouter les revendications du collectif de Gilets noirs. « À l’issue de cette rencontre avec les représentants des manifestants, Elior s’est engagé, par l’intermédiaire du président d’Elior Services, à recevoir d’ici un mois une délégation pour étudier au cas par cas les éventuels dossiers qui pourraient lui être remontés de collaborateurs rencontrant des difficultés de régularisation », conclue le communiqué d’Elior.

Mais parmi les manifestants, qui étaient majoritairement des hommes originaires d’Afrique subsaharienne beaucoup étaient venus pour demander, auprès du Gouvernement, leur régularisation.

Il y a dix jours, ce collectif avait déjà investi le terminal 2 F de Roissy Charles-de-Gaulle, pour porter cette même revendication.

La manifestation qui a débuté peu avant 14 heures s’est achevée dans dans le calme vers 19 heures.