Sa stratégie était bien rodée. Une femme de 38 ans vient d’être mise en examen pour avoir, durant huit ans, volé des salariés du quartier d’affaires durant leurs pauses déjeuners, rapporte Le Parisien. Surnommée la « Belphégor de La Défense », la voleuse avait une technique bien huilée. Entre midi et deux cette trentenaire profitait de l’absence des salariés de leurs bureaux et d’une vigilance plus faible des vigiles pour s’introduire malgré les portillons de sécurité dans les tours de La Défense afin de faire ses emplettes. Téléphone portable, carte bancaire, chéquiers, tout ou presque y passait comme le précise le quotidien.

L’affaire débute en 2012 lorsque le commissariat de Puteaux reçoit de nombreuses plaintes de salariés disant avoir été détroussés de leurs affaires sur leur lieu de travail durant les pauses déjeuners. Rapidement les policiers comprennent le stratagème de la voleuse. Mais la jeune femme ne s’arrête pas à quelques objets dérobés. Elle se sert de papiers d’identité chapardés pour ouvrir des crédits à la consommation.

Comme le détaille Le Parisien, la voleuse est rapidement identifiée grâce aux nombreuses caméras de surveillances présentes dans les halls des différentes tours qu’elle visitait. Son portrait est diffusé dans les commissariats du secteur de La Défense, puis de façon plus large. Une suspecte connue pour des faits similaires est arrêtée en 2015 puis rapidement relâchée car mise hors de cause. Les enquêteurs repartent à zéro et pendant ce temps-là l’hécatombe s’intensifie. Très à l’aise et sûre d’elle, la trentenaire accroit ses vols en 2016 faisant des dizaines de victimes.

L’affaire prend fin en février dernier

Jamais rassasiée, la femme va jusqu’à s’introduire en janvier 2019 au sein de l’Hôtel départemental des Hauts-de-Seine. Mais ce vol est celui de trop pour cette cleptomane. Les enquêteurs parviennent enfin à la tracer jusqu’au magasin Ikea de Franconville (95) où elle va faire des achats avec le produit de ses vols. La police ne la lâche plus et la lie à une Volkswagen Touran appartenant à sa sœur, déjà connue des services de police, précise Le Parisien.

Clairement identifiée, les enquêteurs découvrent alors que la femme est plus qu’une simple voleuse. Ils remontent jusqu’à Lille (59) où elle mène de nombreuses escroqueries. Grace aux papiers d’identités dérobés elle y ouvre de nombreux comptes bancaires pour y percevoir des allocations familiales. Ses comptes bancaires fantômes lui servent aussi pour arnaquer des organismes de crédit où elle laissera des ardoises de 18 000 et 5000 euros.

Mais la femme très mobile est difficile à localiser. L’affaire prend finalement fin un an plus tard, le 26 février dernier quand les policiers frappent à la porte de son domicile de Montfermeil (93). Chez elle c’est un peu la caverne d’Alibaba. Une foison d’objets sont retrouvés comme des sacs, des vêtements ou des bijoux mais aussi des badges d’accès et des documents d’identités. Pour sa défense, la femme confie aux forces de l’ordre que son activité est « alimentaire ». Pourtant le chiffre d’affaire de ses larcins avoisine les 100 000 euros et son pavillon est en plein travaux d’embellissement.

Cette mère de famille qui vivait avec son compagnon, un cariste, touchait officiellement 1 200 euros par mois de la Caisse d’Allocation Familiale. La voleuse n’était pas à son coup d’essai puisqu’elle avait, toujours selon Le Parisien, déjà été condamnée à huit reprises depuis 2005 pour vol, recel, escroquerie et falsification de chèques. Elle était d’ailleurs encore sous le régime de la mise à l’épreuve après avoir écopé d’une peine de deux ans de prison dont 18 mois avec sursis. Ses huit ans de vols l’ont finalement conduite à sa mise examen le 28 février 2020.