Après les bonnets rouges et les gilets jaunes voilà les ronds verts. Depuis plusieurs jours de mystérieux ronds verts peints à la bombe sont apparus à divers endroits de l’esplanade. Sur les murs et sur le sol, ces ronds de couleur rappellent étrangement le logo de Paris La Défense qui arbore également un rond vert vif. Une similitude qui s’arrête là puisque l’établissement public en charge de l’aménagement et la gestion du quartier d’affaires dément être à l’origine de ces ronds verts.

Mais alors qui peut donc se cacher derrière ces symboles énigmatiques visibles également dans plusieurs régions de France ? Et bien il s’agit du « Conseil National de Transition » (CNT). Si ce logo pourrait laisser penser qu’il s’agit d’un groupe réunissant des écologistes, en réalité il rassemble plutôt des complotistes issus principalement de la mouvance d’extrême droite.

Des théories complotistes en tous genres

Ce mouvement né en 2014 est dirigé par un certain Eric-Régis Fiorile qui juge le gouvernement français « incompétent ». Avec ce collectif il ambitionne ainsi de renverser le système afin d’instaurer son Conseil National de Transition, qui serait selon lui, la seule autorité légitime. En juillet 2015 son groupe avait fait parler de lui sous le nom de « mouvement du 14 juillet ». A l’époque il espérait déjà renverser le pouvoir de manière pacifique pour la Fête nationale. L’initiative n’avait cependant rassemblé que 300 sympathisants à Paris.

Ces ronds verts sont visibles sur des murs, des façades de bâtiments ou même au sol – Defense-92.fr

A cette occasion le magazine Les Inrockuptibles s’était intéressé au CNT en 2015. Dans cette enquête, on y apprenait que ses membres voulaient interdire les vaccins au profit de médecines douces comme l’utilisation du sérum de Quinton, le refus d’envoyer les enfants à l’école pour apprendre la « perversité sexuelle » ou encore s’opposer à la liquidation du patrimoine. Aujourd’hui le CNT s’est lancé dans de nouveaux combats : celui de la 5G mais aussi de la réouverture des écoles à la fin de confinement.

Le 1er juillet dernier Eric-Régis Fiorile avait sur Facebook invité tous ses adeptes à barioler des ronds verts partout en France. Ces ronds verts avec un petit point blanc au centre ont donc pour but d’afficher l’existence d’une « France Libre » qui ne serait pas dirigée par le gouvernement actuel. Le CNT affirme ainsi que son symbole représente « l’union de tous les peuples de la Terre en paix et en liberté » mais aussi « une nouvelle civilisation humaine, sans politiciens ni sectes dominantes ».

« Tous ceux qui sont conscients [du ras-le-bol] vont mettre des ronds verts. On va afficher des ronds verts dans toute la France, en mettre de plus en plus pour montrer à quel point on rêve d’une France qui revient à un état de droit », promet dans une vidéo YouTube (ci-dessous), Eric-Régis Fiorile qui souhaite offrir « un avenir aux jeunes ». Cette figure de la complosphère l’assure : « On est des milliers, des millions en France complices de cet acte de vouloir retrouver cet état de droit ».

Des ronds verts qui restent des dégradations

Dans un reportage diffusé dernièrement à la radio RMC, Claire une adepte de ce groupuscule explique vouloir « faire connaitre aux citoyens français qu’ils peuvent rejoindre d’autres citoyens pour gérer la France ensemble ».

Reste que ces ronds verts sont des dégradations. Leurs auteurs encourent des peines de 3 750 euros. Dans le quartier d’affaires, l’établissement public Paris La Défense devrait les faire disparaitre dans les prochains jours ou semaine. Mais d’autres pourraient revenir…