Guillaume Poitrinal dénonce la lenteur administrative et celle de la justice pour les projets en France

Guillaume Poitrinal, l’ancien président d’Unibail-Rodamco a répondu à nos questions sur les recours juridiques qui visent de plus en plus de projets immobiliers en France.

Guillaume Poitrinal, président de Woodeum & Cie le 11 mars 2015 au Mipim à Cannes - Defense-92.fr

L’ancien président d’Unibail-Rodamco, Guillaume Poitrinal, aujourd’hui président de Woodeum & Cie continue sa croisade contre les recours à l’encontre des permis de construire. En 2012, il avait publié l’ouvrage « Plus vite ! La France malade de son temps » aux éditions Grasset & Fasquelle où il dénonçait la multitude des recours qui visent de nombreux projets en France. Guillaume Poitrinal est intervenu lors d’une conférence au Mipim pour dénoncer une nouvelle fois ces pratiques. L’ancien homme fort de la foncière s’est confié à Defense-92.fr.

« La France se distingue des autres pays par la lenteur des projets; la France elle a des idées, des projets, des architectes, des promoteurs et elle a des besoins. Ce qui la différencie c’est la lenteur. Lenteur administrative pour l’obtention des autorisations et ensuite la contestation quasi systématique des autorisations devant la justice » explique t-il en parlant d’une justice « très manipulable du point de vue du temps ».

« Il faudrait pouvoir traiter les recours en six mois, traiter les appels en six mois » préconise t-il. « Il faudrait obtenir des permis de construire en deux ans au lieu de cinq (ndlr,  recours juridiques compris ); tout çà nous permettrait de réaliser de beaux projets en cinq, six ans, ce qui est à  peu près le temps moyen européen » souhaite t-il en précisant qu’en France les délais sont de sept à neuf ans. Mais il ne souhaite pas tomber dans les « excès asiatiques » où des projets peuvent être menés en un an ou deux.

« Ce temps administratif et judiciaire est un vrai handicap pour la France » estime t-il en espérant qu’il sera corrigé. « Il y a aujourd’hui une prise de conscience à droite et à gauche […] Tout le monde est mobilisé pour faire réduire ces délais administratifs et judiciaires, je crois » conclut-il.