Vers un chauffage moins gourmand en énergie fossile. Enertherm, le concessionnaire qui est en charge du chauffage et de la climatisation d’une grande partie du quartier d’affaires va déployer deux chaudières agropellets. Un projet de reconversion qui fait jusqu’à vendredi l’objet d’une enquête publique.

Concessionnaire depuis 2002 des installations auprès du syndicat mixte Generia (ex Sicudef), la centrale de La Défense construite dans les années 60 à Courbevoie, à l’arrière de l’Arche et son extension à Nanterre ont pour vocation de produire la chaleur mais aussi la climatisation d’environ 120 immeubles de bureaux, 11 250 logements ainsi qu’une vingtaine d’établissement publics (commerces…).

« Enertherm est opérateur de la transition énergétique sur le territoire de La Défense et s’est engagé depuis 2009 dans le processus de verdissement du réseau urbain d’énergie », explique le concessionnaire qui opère depuis 2002 les installations des différents sites implantés à l’arrière de l’Arche à Courbevoie et à Nanterre dans le secteur des Groues.

A l’heure actuelle la production du chaud se fait grâce à deux générateurs à eau surchauffée fonctionnant au combustible liquide (fioul lourd TTBTS ou biomasse liquide) et un groupe frigorifique et de valorisation thermique (GFVT), GF8, 12 MW chaud, fonctionnant à l’électricité.

Un objectif de couverture d’agropellets de 60 % à l’horizon 2030

Avec ce projet de verdissement l’objectif pour Enertherm est de mettre en place une thermo-frigo pompe, pour l’introduction de biomasse liquide en complément du fioul lourd. Si l’usage du fioul lourd ne devrait pas disparaitre l’idée est bien d’en réduire drastiquement son usage. Pour se passer de cette énergie fossile Enertherm souhaite avoir recours à l’utilisation d’un combustible solide issu de la récupération de co-produits agricoles (agropellets) pour la production de chaleur de la centrale du site de Courbevoie. L’objectif pour le concessionnaire est d’un taux de couverture de 50 % d’EnR&R 1 dès le démarrage vers 2022 des chaudières agropellets et de 60% d’EnR&R à l’horizon 2030.

« Ce combustible solide se présente sous forme de granulés produits à partir de ressources végétales agricoles non valorisées et d’additifs adaptés (minéraux naturels). Ces additifs ont pour objectif d’améliorer le comportement en combustion et sont limités à 5 % massique », détaille Enertherm dans le dossier d’enquête publique. Pour se fournir en agropellets le concessionnaire vise un circuit court en allant s’approvisionner en Île-de-France où la ressource végétale agricole non valorisée disponible est la paille. « Les agropellets utilisés pour la production de chaleur sur le site d’Enertherm à Courbevoie seront donc produits par des producteurs franchisés Calys locaux. Enertherm prévoit également la mise en œuvre d’un contrôle qualité pour l’approvisionnement de ce combustible », rajoute le dossier d’enquête. L’approvisionnement en agropellet se fera par voie ferrée à raison d’un train par jour en période de chauffe.

Pour mener à bien ce verdissement du réseau de chaleur le site de production de Courbevoie va devoir être modernisé. Cela passera par la modification des générateurs à eau surchauffée actuellement sous cocon pour les convertir en chaudières agropellets, le réaménagement du bâtiment de stockage de combustibles de façon à pouvoir  accueillir le stockage d’agropellets et les installations de préparation de cette biomasse pour alimentation des brûleurs, le convertissement de l’installation de dépotage pour wagons-citernes de combustible liquide en installation de dépotage pour wagons d’agropellets et la mise en place d’un système de traitement des fumées adapté.