Déserté pendant plus de deux mois à cause du Coronavirus (Covid-19), le quartier d’affaires de La Défense a retrouvé un semblant de vie le 11 mai dernier avec le déconfinement. Mais aujourd’hui encore le plus grand quartier d’affaires européen est bien loin de son image d’avant où se pressaient quotidiennement des dizaines de milliers de salariés.

Si les entreprises de La Défense ont massivement poussé leurs salariés à pratiquer le télétravail pendant et après le confinement, les spécialistes du coworking, ont pour beaucoup poursuivi leurs activités. C’est notamment le cas pour le français Wojo (ex Nextdoor) qui détient un grand centre de 8 700 mètres carrés dans l’ensemble Cœur Défense. « L’activité s’est extrêmement ralentie », reconnait Laurent Gastaud, directeur du centre de La Défense. Sur les quelques 700 membres du Wojo de Cœur Défense, seule une quarantaine de personnes se sont rendues chaque jour dans ce centre ouvert à l’été 2016. Et aujourd’hui les chiffres de fréquentation n’ont que très peu évolué. Le retour à la normale n’est pas attendu avant septembre prochain.

Pour accompagner la reprise du déconfinement et pour protéger au mieux ses membres mais aussi ses quelques salariés, Wojo a instauré tout un tas de mesures sanitaires. Le port du masque dans les parties communes des centres est désormais obligatoire. « On a condamné les bulles mais aussi toutes les salles de réunions », explique Laurent Gastaud. A cela s’ajoute un marquage au sol pour faire respecter les distanciations des « un mètre ». Les bureaux et espaces communs sont eux régulièrement désinfectés par une équipe de nettoyage. Pour protéger les membres, Wojo propose également des kits de protection comprenant masques, lingettes, gants et gel hydroalcoolique. Un package « vendu à prix coûtant », assure Laurent Gastaud. Enfin pour rassurer ses clients, Wojo a fait appel à Socotec pour obtenir le label « Safe & Healthy Workplace / Covid-19 ». Ce dernier contrôle ainsi les mesures sanitaires mises en place, puis les valide.

Des accompagnements pour les membres en difficultés

Mais la crise du Coronavirus aura-t-elle de mauvaises conséquences pour Wojo et ses centres de coworking ? Non pense son président, Stéphane Bensimon. « Je suis convaincu que ça va le renforcer ; beaucoup d’études le démontrent ainsi que des sondages auprès de directeurs de ressources humaines », explique le dirigeant de Wojo, filiale à part égale des groupes Bouygues et Accor. Car c’est avec le concept même de la flexibilité que Wojo -et tous les autres spécialistes du coworking- entend continuer à séduire les entreprises, d’autant plus en tant de crise. « Cette flexibilité est très appréciée dans cette période-là », confie Stéphane Bensimon. Car avec des baux allant d’un mois à un an, les entreprises clientes de Wojo peuvent réduire leur voilure ou l’augmenter en fonction de leurs besoins.

Pour l’instant ce n’est pas l’hécatombe chez Wojo, les départs de clients sont restés faibles même si Stéphane Bensimon dit se préparer à « subir » cette crise avec des départs et des non-venues de clients. « L’impact est assez limité. Nous avons des clients qui ont décidé d’arrêter leur contrat pour le reprendre plus tard », poursuit Stéphane Bensimon. Et Wojo ne ferme pas la porte à aider ses membres en difficultés. « On les accompagnes un peu en décalant leurs loyers ou on fait des remises sur les mois de mars, avril et mai », indique Stéphane Bensimon.