Faire du handicap une force au travail .En amont de la Semaine européenne pour l’Emploi des Personnes Handicapées qui se déroulera du 16 au 22 novembre, la secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, Sophie Cluzel, s’est rendue ce mardi dans le quartier d’affaires et plus précisément à l’hôtel Pullman où elle a rencontré Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef et Sébastien Bazin, le PDG d’Accor, le groupe propriétaire de l’établissement.

Ce déplacement était l’occasion pour la secrétaire d’État de découvrir les dispositifs et actions mis en place par les managers de l’hôtel pour leurs employés souffrant d’un handicap. « Il faut faire du handicap au travail un bonus. Il faut que les personnes en situation de handicap osent en parler », a martelé Sophie Cluzel qui en a profité pour échanger avec des salariés porteurs d’un handicap.

Avec 9 % de ses effectifs en situation de handicap, soit 13 salariés pour 143 personnes, le Pullman de La Défense fait figure de bon élève puisque la loi impose pour l’heure seulement un quota 6 %. Ouvert il y a tout juste vingt ans, ce cinq étoiles a aussi déployé plusieurs outils pour faciliter le travail de ses salariés pas forcément handicapés.

« Il ne faut pas que les personnes en situation de handicap soient la première variable d’ajustement en crise économique »

« Nous avons mis en place un système d’ergolit qui permet de lever le lit à hauteur d’homme pour éviter que la femme de chambre ait à se baisser. Nous avons été très pionniers là-dessus ; on les a depuis presque quinze ans », explique Juliette Peron, la directrice de l’hôtel. Et depuis peu l’établissement a investi dans des chariots électriques.

Quant à la crise que subit le secteur du tourisme à cause de la pandémie du Coronavirus, le groupe Accor garde espoir. « C’est une belle industrie qui a été bénie des dieux pendant deux siècles. Le tourisme va retomber sur ses pattes, les gens ont de plus en plus envie de sortir. La première recherche sur Google c’est le voyage, s’enthousiasme Sébastien Bazin. Ce n’est pas une crise financière mais sanitaire. Nous sommes fragilisés mais pas vulnérables. Accor va s’en remettre ».

Et alors que le groupe Accor a annoncé l’été dernier la suppression d’un millier de postes dans le monde pour faire face à la crise, la secrétaire d’État a prévenu le dirigeant du groupe hôtelier : « Il ne faut pas que les personnes en situation de handicap soient la première variable d’ajustement en crise économique ».

Mais pour le Medef il n’y a pas d’inquiétude à avoir. « Je ne suis pas inquiet pour les personnes en situation de handicap pour le maintien de leur emploi. Évidement il y a des entreprises qui vont réduire leur effectif mais elles ne seront pas plus mal traitées. La vraie difficulté va être le recrutement », a ajouté Geoffroy Roux de Bézieux.