Elle est le nouvel emblème de l’entreprise. Après quatre années de travaux, l’édification de la tour Saint-Gobain vient de toucher à sa fin. « Le projet a pris naissance lorsque nous avons fêté nos 350 ans en 2015. A ce moment-là (le projet est réellement né quelques années plus tôt, en 2013, ndlr) ; on s’est dit qu’il fallait se projeter vers le futur et se donner 350 bonnes idées pour l’avenir », confie Régis Blugeon, directeur des ressources humaines France de Saint-Gobain. Parmi tous ces projets s’est alors rapidement imposé celui des plus iconiques : un nouveau siège social.

« Nous étions dans un immeuble vieillissant des années 80 avec des matériaux de l’époque et qui ne correspondait plus tout à fait à notre positionnement d’acteur majeur de la construction durable et à notre style de management, qui est collaboratif et bienveillant », explique Régis Blugeon.

Le grand hall d’accueil de la tour Saint-Gobain – Defense-92.fr

Car pour l’entreprise française née en 1665 sous le règne de Louis XIV spécialisée dans la production, la transformation et la distribution de matériaux, son immeuble des Miroirs, viellisant n’était clairement plus digne d’être sa vitrine.

Une architecture confiée au cabinet Valode et Pistre

De là et voulant rester présent dans le quartier d’affaires est partie l’idée de se faire construire une tour sur-mesure. Pour trouver un terrain disponible Saint-Gobain n’a pas eu à aller chercher bien loin. Juste en face de ses fenêtres, de l’autre côté du boulevard circulaire, le groupe a alors conclu un deal avec l’assureur italien Generali qui avait tenté, sans succès de mener dans le milieu des années 2000 un projet de tour. Si Generali est reparti de zéro pour sa tour, l’assureur a conservé le même architecte, le cabinet Valode et Pistre.

Le cabinet parisien conçoit la tour comme « une architecture cristalline », symbolisant le métier historique de Saint-Gobain, le verre. La tour entend jouer avec la lumière, qui en devient le matériau principal. Constitué d’un assemblage de « cristaux », le jeu des faces, des angles et de la nature du verre fabrique alternativement de la transparence ou de la réflexion. L’objectif est de donner à l’édifice une dimension magique qui change avec les heures et l’endroit depuis lequel on l’observe. La tour s’illustre particulièrement avec son grand cube de verre au sommet, où prennent place des salles de réunion ainsi qu’un jardin suspendu.

En tout, la tour vitrine abritera quelques 2 700 collaborateurs du groupe issus des différentes filiales – Defense-92.fr

Cette tour de 49 000 mètres carrés, haute de 165 mètres pour quarante-quatre niveaux a pour ambition de représenter tout le savoir-faire de Saint-Gobain. Et quoi de mieux qu’utiliser ses propres matériaux pour son nouveau chez-soi. « On a déployé dans la tour plus de quatre-vingt solutions de Saint-Gobain », affirme Régis Blugeon listant les verres de la façade, le verre électrochrome de la tête de la tour, les solutions acoustiques, de plâtre ou encore de plafond chauffant et refroidissant. Tous les métiers où presque du groupe ont ainsi été mis à l’honneur dans ce gratte-ciel.

En plus d’être une tour vitrine, le building abrite en son socle, aux côtés de son hall magistral tout de verre, un grand showroom de 300 mètres carrés en cours de finition. Accessible au grand public depuis la place de l’Iris tous les jours de la semaine, ce showroom dévoilera ses innovations. « On envisage aussi d’avoir des parcours de visites  qui commencent au showroom et intègrent la tour elle-même qui deviendra une vitrine des meilleures solutions du groupe Saint-Gobain », assure Régis Blugeon.

2 700 collaborateurs venus de divers sites franciliens et de La Défense

Si les travaux ne sont pas encore totalement terminés et que les ouvriers s’affairent toujours sur les finitions, les premiers salariés du groupe ont commencé à investir la tour depuis la mi-février. En tout, la tour vitrine abritera quelques 2 700 collaborateurs du groupe issus des différentes filiales (La Compagnie de Saint-Gobain, Saint-Gobain Distribution France, Isover, Placo, Saint-Gobain Glass …) qui étaient jusqu’à présent installés à Paris, Suresnes mais aussi disséminés à divers endroit de La Défense en plus de l’immeuble des Miroirs. A raison de deux vagues d’emménagement par semaine, l’ensemble des troupes du groupe aurait dû prendre possession de l’édifice fin avril. Mais en raison du confinement lié au Coronavirus (Covid-19) l’emménagement a été suspendu et va donc prendre du retard.

Cette nouvelle tour a aussi été l’occasion pour Saint-Gobain de repenser ses espaces de travail en optant pour le passage de tous ses collaborateurs en open space et surtout en flex office. Pour faire face aux quelques inquiétudes, Saint-Gobain dit avoir organisé un travail collaboratif. « Nous avons  mis en place un groupe de travail  avec les partenaires sociaux qui s’est réuni plus de douze fois. Ce groupe a suivi avec précision l’avancée des travaux. Il a également contribué au micro-zoning, au choix des mobiliers et aux aménagements, et a émis des avis et des sugggestions sur la volonté d’être par exemple à zéro papier, commente Régis Blugeon. C’était un travail très partagé ».

L’espace de reception « Plein Ciel » prend place dans le grand cube en verre au sommet de la tour – Defense-92.fr

Pour aménager les espaces de travail, Saint-Gobain s’est entouré de l’agence spécialiste en la matière : Kardham (ex : Mobilitis). Mais les salariés ont eu leur mot à dire au travers des groupes de travail. « Kardham nous a apporté une méthode et des idées d’aménagements. Les salariés pouvaient ensuite voter sur le mobilier », détaille Régis Blugeon.

La vie au quotidien des usagers de la tour a, elle aussi, été simplifiée avec une nouvelle application mobile dédiée. Chacun des salariés peut retrouver au bout de ses doigts sur son smartphone les menus des différents restaurants et son solde restant pour la restauration, le service de conciergerie, la possibilité de gérer les stores, la clim ou les lumières mais aussi réserver une salle de réunion.

Des terrasses et loggias végétalisées

En plus d’être une tour vitrine, le nouveau siège de Saint-Gobain se veut aussi être un lieu de bien-être pour ses salariés. A chacun des étages les salariés de la firme peuvent jouir de terrasses ou loggias ouvertes sur l’extérieur et donnant plein sud. Ces espaces extérieurs végétalisés devenus un standard dans les nouveaux gratte-ciels de La Défense qui sont situés dans la continuité des petites cafétérias, permettront aux occupants durant les beaux jours -ou pas- de profiter de la vue sur le Mont Valérien en sirotant leur café.

Le groupe a aussi mis le paquet sur les services internes du bâtiment avec une demi-dizaine de restaurants thématisés, un espace de coiffure, un espace de massage et esthétique, un business center, un « Genius bar », une conciergerie mais aussi une salle de fitness (elle aussi accessible au grand public via un abonnement). A cela s’ajoute un grand auditorium de 250 places.

Quant à l’actuel immeuble des Miroirs qui sera définitivement libéré par Saint-Gobain dans quelques semaines après des décennies d’utilisation il pourrait faire l’objet d’un vaste projet immobilier de demolition-reconstruction. En prévision de son projet de nouvelle tour, Saint-Gobain avait cédé en 2014 la partie A et B du bâtiment qu’il occupait au fonds Perella Weinberg Real Estate Fund II.

La tour bénéficie également d’un grand jardin dans le cube de verre – Defense-92.fr