Nouvelle coupe dans les effectifs. La Société Générale qui a perdu près des deux tiers de sa valeur depuis le mois de février à cause de la crise du Coronavirus a annoncé ce lundi 9 novembre dans un communiqué qu’elle allait une nouvelle fois se réorganiser. Et cela passera par « la suppression nette de 640 postes en France, sans départs contraints » principalement dans sa banque d’investissement et de financement.

« Le groupe Société Générale a démontré au troisième trimestre 2020 sa capacité de rebond et sa solidité financière. Le groupe a également réaffirmé sa détermination à poursuivre l’adaptation en profondeur de ses métiers et de ses fonctions pour améliorer durablement sa compétitivité commerciale et financière dans un environnement économique dégradé et incertain et alors que les défis structurels du secteur bancaire – économiques, technologiques, concurrentiels et écologiques – sont exacerbés par la crise sanitaire Covid-19 », explique le groupe bancaire dans un communiqué qui parle de « plusieurs projets d’ajustements d’organisation » pour contribuer à « l’amélioration de l’efficacité opérationnelle et de la rentabilité structurelle du groupe, tout en renforçant l’expérience clients et la digitalisation et en respectant les plus hauts standards en matière de risques et de conformité ».

Les activités de marché et des titres de bourse seront les plus touchés par ce plan avec environ 430 suppressions de postes. Les activités de conformité perdront près de 140 postes, celle des ressources humaines une cinquantaine de postes et enfin la communication se verra amputer d’une vingtaine de postes. Ces coupes toucheront les collaborateurs de Nantes (60 postes) mais surtout ceux de Paris (580 postes). Et c’est en grande partie à La Défense où la Société Générale qui compte près de 15 000 salariés et prestataires dans ses différentes tours que les coupes vont se produire, même si des salariés des sites de Val de Fontenay (94) seront aussi impactés.

Ce plan de restructuration vient s’ajouter à onze autres déjà mis en œuvre depuis une dizaine d’années par la banque au logo rouge et noir qui compte quelque 138 000 collaborateurs dans le monde, dont 40 000 en France. « C’est un énième plan sans que l’on soit dans une vision globale. L’argument avancé d’assainir la gamme de produits financiers, on peut l’entendre mais pas sur l’emploi », confie Johanna Delestré, délégué syndical national CFDT disant regretter que des postes vont être supprimés « avant même que les outils soient automatisés ».

Mais le pire pourrait encore venir dans les prochains mois. La banque de La Défense envisagerait de fusionner son réseau d’agences avec celui de sa filiale Crédit du Nord. Une hypothèse qui pourrait entrainer jusqu’à 5 000 suppressions de postes selon les organisations syndicale de la Société Générale.