Le budget de La Défense fait débat au conseil départemental des Hauts-de-Seine

Réunis vendredi dernier pour le débat d'orientation budgétaire, les élus du conseil départemental des Hauts-de-Seine étaient divisés autour des investissements prévus pour le quartier de La Défense.

L'hémicycle du conseil général des Hauts-de-Seine - Défense-92.fr

Les débats autour du quartier d’affaires de La Défense ont toujours été clivants. Les discussions vendredi dernier lors du traditionnel débat d’orientation budgétaire par l’assemblée départementale des Hauts-de-Seine n’ont pas fait exception à la règle.

La préparation du budget 2018 a semé la discorde notamment sur le cas de La Défense, dont le département va récupérer l’année prochaine une grande partie de la gouvernance par la création du nouvel établissement Paris La Défense, issu de la fusion entre Defacto et l’Epadesa. Ce changement s’accompagnera d’un vaste plan d’investissement sur dix ans à hauteur de 360 millions d’euros minimum. Une enveloppe qui agace l’opposition de gauche.

« Le département refuse de consacrer les moyens nécessaires pour renforcer l’action des centres de PMI, l’action de l’aide sociale à l’enfance, de doter de moyens suffisants le fonds de solidarité logement et l’insertion des personnes très éloignées de l’emploi,… soutient Patrick Jarry, le maire (Gauche citoyenne) de Nanterre. Mais le département a les moyens d’investir à La Défense ».

« La Défense est très fragile parce-que l’Etat n’a pas investit sur les infrastructures. La Défense est menacée dans son avenir si on ne fait pas les investissements de consolidation qui sont indispensables à sa pérennité. La construction sur dalle a été unique en France mais elle présente beaucoup de contraintes et pour cela il faut investir » lui répond Patrick Devedjian (Les Républicains), le président du département.

« Personne d’autre que le département n’était en capacité de venir au secours du quartier d’affaires »

Patrick Jarry, l’actuel président de l’Epadesa réélu le mois dernier ne cache pas sa volonté pour que les propriétaires des tours du quartier mettent les mains à la poche pour l’investissement à venir. « Un tiers des dépenses pouvait légitimement être demandé aux propriétaires des 72 tours de La Défense qui ont bénéficié depuis trente ans d’un niveau de taxe professionnelle et foncière parmi les plus bas en France » estime t-il. « Vous leur donnez un billet d’avion pour Francfort en même temps » lui rétorque alors Patrick Devedjian qui a lancé dès le vote du Brexit l’année dernière avec Defacto un plan séduction pour attirer les grandes banques et institutions financières. « Non, non elles ne partiront pas (en parlant des entreprises propriétaires de tours, ndlr) », répond le maire de Nanterre qui poursuit son argumentation : « Deuxième manière, Puteaux et Courbevoie qui ont bénéficié à plein des taxes immobilières ces dernières années pourraient porter un peu d’endettement ». Avant de conclure : « Il y a encore des projets relativement importants encore en développement et une partie des mânes pourraient servir à çà ».

Car si le maire de Nanterre souhaite un modèle qui n’impacterait pas les finances des Hauts-de-Seine, Patrick Devedjian estime pour sa part que « personne d’autre (que le département, ndlr) n’est en capacité de venir au secours du quartier d’affaires » et que le coût aurait été trop important pour les trois communes concernées à savoir Puteaux, Courbevoie et Nanterre. Et l’homme fort du 92 prend pour exemple le cas du boulevard circulaire. « J’avais honte de l’état du boulevard circulaire qui n’est même plus éclairé la nuit », explique Patrick Devedjian pour qui « il est inutile de faire des beaux discours sur l’attractivité de la France et du premier quartier d’affaires européen et d’avoir des tunnels qui ne sont pas aux normes et un boulevard circulaire truffé de nids-de-poule ».