Tour Saint-Gobain : Vinci choisit un sous-traitant turc pour la façade et s’attire les foudres de la profession

Le groupe Vinci qui est en charge de la construction de la tour Saint-Gobain vient de choisir pour la façade un sous-traitant turc. Décision qui a entrainé la colère de l’organisation professionnelle SNFA.

La tour Saint-Gobain - Valode et Pistre / DR

Les façadiers sont en colère. Les entreprises françaises spécialisées dans les menuiseries en aluminium se sont indignées d’avoir été évincées par le groupe Vinci, en charge de la construction de la tour Saint-Gobain qui a préféré pour ce lot le sous-traitant turc Metal Yapi.

« Les raisons de ce choix : à nouveau des prix anormalement bas ! », s’offusque dans un communiqué le Syndicat national de la construction des fenêtres, façades et activités associées (SNFA), qui représente cent quatre-vingt-cinq entreprises qui conçoivent, fabriquent et installent des menuiseries en aluminium. L’organisation dénonce « un nouveau coup dur pour les entreprises françaises, une fois de plus privées d’un important marché » et accuse Metal Yapi de ne « disposer en France que d’un établissement de moins de cinq personnes qui n’est même pas affilié à la convention collective du bâtiment ».

« Nos façadiers vont mourir »

« Pour nous, il est impossible de travailler, en respectant toutes les règles, dans les conditions financières imposées par les entreprises générales des grands groupes de BTP et de leurs filiales », a confié à l’AFP Jean-Luc Marchand, le délégué général du SNFA avant de s’alarmer « Nos façadiers vont mourir ».

Toujours dans son communiqué la SNFA a dénoncé « des conditions déplorables de travail et d’hébergement » des salariés de la société turque qui avait œuvré sur le chantier de la façade du journal Le Monde à Paris en 2004.

Et pour le syndicat le phénomène de sous-traitance à des entreprises étrangères n’est pas nouveau et s’amplifie. Parlant de conséquences « désastreuses », il rappelle le cas de la tour Carpe Diem qui avait défrayé la chronique en 2010. Le groupement franco-belge Spie / Besix titulaire de la construction avait confié la réalisation de la façade au chinois Yuanda. Durant plusieurs mois une partie de la façade côté circulaire avait subi d’importantes infiltrations d’eau nécessitant un colmatage. Autre cas à La Défense, la tour D2 construite ces dernière années. Là encore le groupe Vinci avait sous-traité son lot façade au belge Kyotec qui avait lui-même sous-traité la fabrication à une entreprise turque avant de déposer le bilan à quelques mois de la fin des travaux.

Quelques 25 000 mètres carrés de façade vitrées

Pour le projet de la tour Saint-Gobain menée par Generali pour le nouveau siège du manufacturier français ce sont quelques 25 000 mètres carrés de façade vitrées qui doivent être apposées à la façade en béton. La tour Saint-Gobain conçue d’après les plans du cabinet Valode et Pistre qui doit être achevée en 2019 proposera 48 900 mètres carrés de bureaux répartis sur 39 niveaux.