A l’arrêt pendant presque deux mois, les grands chantiers ont repris un peu partout en France comme à La Défense. Dans le quartier d’affaires de l’Ouest parisien, Bouygues Construction, le géant du BTP a dû mettre en place tout une série de mesures pour protéger les ouvriers qui œuvrent sur le chantier de l’immeuble Latitude mené par sa filiale Bouygues Bâtiment Ile-de-France Rénovation Privée.

Pour relancer le chantier de restructuration de l’ex-immeuble Berkeley entamé depuis la fin 2018, l’entreprise s’est appuyée sur le guide préconisé par l’Organisme Professionnel de Prévention du Bâtiment et des Travaux Publics (OPPBTP) afin de protéger le personnel du Coronavirus (Covid-19).

C’est, dès les portes du chantier, que les premières mesures s’appliquent pour les ouvriers et les encadrants. À l’entrée, Bouygues Construction a mis en place une file d’attente où chacun doit respecter une distance d’un mètre. La première étape est de remplir un questionnaire d’auto-évaluation de son état de santé. Une fois rentré, il faut montrer patte blanche ou plutôt une température inférieure à 37,5 degrés. La température de chaque personne est systématiquement prise à l’aide d’un thermomètre laser.

. La température de chaque personne est systématiquement prise à l’aide d’un thermomètre laser – Defense-92.fr

À l’intérieur du chantier le port d’un masque devient obligatoire, s’ajoutant aux traditionnels EPI des ouvriers (casques, chaussures de sécurité, gants, lunettes,…). « On distribue des masques et du gel hydroalcoolique à tous nos ouvriers », confie Hakim Bouhouita, directeur du chantier Latitude. Et les sous-traitants, très présents désormais dans cette phase de second-œuvre ne sont pas oubliés. « Chez Bouygues Construction on a pris la décision de les fournir à tout le monde le temps que les sous-traitants puissent s’organiser par eux-mêmes ». C’est ainsi qu’un peu partout sur le chantier le groupe de BTP a déployé des distributeurs de solution hydroalcoolique.

Mais les mesures de protection ne s’arrêtent pas là. En plus de l’affichage omniprésent pour rappeler le respect des gestes barrière, Bouygues Construction a dû, comme pour ses concurrents réaménager la base vie des ouvriers. Un vestiaire sur deux a été condamné, tout comme les urinoirs. Dans les réfectoires, l’emplacement sur les tables a été réduit et chaque ouvrier a désormais sa place attitrée correspondant à son numéro de vestiaire.

Des distributeurs de gel hydroalcoolique ont été installés un peu partout sur la base du chantier – Defense-92.fr

Alors que la taille de la base vie aurait dû être réduite au printemps, Bouygues Construction a dû revoir ses plans pour loger les quelques 150 ouvriers tout en respectant les distances de sécurité. « Nous devions réduire la surface des vestiaires mais finalement on a conservé la base vie telle quelle », précise Hakim Bouhouita.

Et sur le chantier c’est presque tout le mode de fonctionnement qui a été revu. « Nous avons un certain nombre de personnes de la production, qui avec les contraintes du Covid-19, sont aidés par du personnel d’appui », détaille, Hakim Bouhouita. En clair, plus question par exemple d’avoir deux maçons côte à côte pour monter un mur. Avec cette nouvelle méthode, un est chargé d’ériger le mur et l’autre d’acheminer les matériaux.

La mise en place de toutes ces mesures en une dizaine de jours aura été un défi pour les équipes du chantier. « Ça nous a demandé énormément de travail. Ce n’était pas simple » rajoute Hakim Bouhouita. Quant aux conséquences du confinement et de l’arrêt du chantier durant presque deux mois, la livraison de l’immeuble Latitude et ses 22 000 mètres carrés de surface de bureaux à Générale Continentale Investissements (GCI), prévue pour le troisième trimestre 2020 sera certainement repoussée de quelques mois, même si Bouygues Construction dit tout faire pour le rattraper.

Dans les réfectoires, l’emplacement sur les tables a été réduit et chaque ouvrier a désormais sa place attitrée correspondant à son numéro de vestiaire – Defense-92.fr