Maison d’Eglise Notre-Dame de Pentecôte

Eglise Notre Dame de Pentecote

Notre-Dame de Pentecôte, n’est pas une église mais une maison d’église qui ne dépend pas d’une paroisse. Le diocèse de Nanterre n’a reçu pas moins de 188 candidatures  après l’appel d’offres publié en 1994. Huit projets seront retenus avant la désignation de Franck Hammoutène.

L’étroitesse du terrain sur lequel est implantée Notre-Dame de Pentecôte nécessite une organisation verticale particulière des espaces, avec le lieu de culte proprement dit au sommet (à R + 1 par rapport au parvis), surmontant un accueil de plain-pied (par rapport à la dalle) et des salles de réunion et de travail regroupées à l’intérieur d’un sous-sol structurel. Outre son exiguïté, cette parcelle présente une difficulté par sa localisation au-dessus de plusieurs voies de circulation dont l’entrée du tunnel de l’autoroute A 14 et de la gare de bus mais aussi des emprises du métro, du RER et des différents réseaux techniques. Pour s’adapter à ce sous-sol inhospitalier, l’architecte Franck Hammoutène et le bureau d’études Becebat ont imaginé une structure qui se développe en cinq « nappes » superposées.

Dans l’ordre ascendant, l’ensemble repose sur des fondations constituées de 63 micropieux inclinés de 0 à 10°, afin de se glisser entre les obstacles réunis dans le sous-sol. Cette solution, qui s’apparente à une assise de plate-forme pétrolière, s’est imposée parce que les systèmes classiques – semelle, puits ou pieux verticaux – s’avéraient inadaptés.

Au niveau supérieur, celui de la voirie, l’église repose sur six poteaux de 1,20 m de diamètre réalisés en béton haute résistance (B60). Chacun transmet donc sa charge sur un faisceau d’une dizaine de micropieux. La résultante de ces efforts n’étant pas verticale, l’équilibrage des réactions inclinées des six faisceaux est assurée par des longrines reliant les poteaux.

Au-dessus de ce socle souterrain par rapport au volume de l’église elle-même, le niveau bas abritant bureaux et salles de réunion est conçu comme un système de poutres Vierendeel croisées dont les membrures supérieures et inférieures constituent respectivement le plafond et le plancher. Egalement coulé en béton haute résistance B60, cet ensemble se décompose en un réseau de poutres inversées et croisées de 60 cm d’épaisseur en partie basse, liaisonné par douze poteaux de 1,20 m de diamètre au réseau supérieur de poutres croisées de 95 cm de hauteur. Ces poteaux ne sont pas disposés sur un plan symétrique et six d’entre eux seulement descendent en fondation sur l’axe des appuis du niveau voirie. Ce « rez-de-jardin », fermé sur trois côtés par des voiles BA, est ouvert côté nord. Il joue le rôle de socle de reprise de l’église en superstructure avec des parties en console débordant horizontalement de 12 m. Au niveau du parvis (accueil et espace de rencontre) s’élèvent trois poteaux béton B60 de 1,20 m de diamètre et un voile béton également haute résistance (25 cm d’épaisseur). Ces éléments verticaux portent le volume de l’église proprement dite, close sur trois côtés par des voiles BA haute résistance B60, alors que la façade nord est vitrée. La salle de l’église est couverte par une dalle de 14 mètres de portée en béton alvéolaire précontraint, supportant le local technique aménagé sur la couverture.

Cette structure surdimensionnée et complexe par rapport au volume de l’église se justifie principalement par l’impossibilité de mettre en œuvre des fondations classiques, mais aussi par les exigences d’une architecture subtile, faite d’espaces emboîtés, ainsi que par l’importance des efforts aux vents horizontaux – de l’ordre de 100 tonnes – générés par un écran de verre de 35 m de haut face à l’ouest (voir encadré) . Posé sur le socle, cet écran est stabilisé horizontalement au niveau de la terrasse, ce qui a imposé la conception d’une sorte de casquette en équerre formée de deux poutres en console, elles-mêmes maintenues par deux poutres caissons, l’une à l’ouest parallèle à l’écran, l’autre au nord à laquelle est suspendue la façade vitrée. L’effort au vent, transmis par la casquette ouest, est redistribué par la terrasse aux trois voiles de l’église et, au-delà, jusqu’au socle à travers les trois poteaux du niveau parvis (accueil).

 

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Autre singularité technique, la façade sud est suspendue à deux consoles prolongeant les faces latérales du local technique. Pour limiter le poids de cette façade, elle est réalisée en béton préfabriqué nervure habillé de panneaux isolants de type Stonepanel. Ces derniers sont des composants industriels créant un parement léger, constitué d’une mince tranche de marbre blanc de Carrare, renforcée par une structure en aluminium alvéolaire. Ce système permet de réaliser des éléments à la fois légers (16 kg/nr), minces, très rigides et de grande taille (standard 1,2 x 2,4 m pouvant atteindre 1,5×3 m pour des fabrications spéciales). Ici, selon les façades et la localisation, ont été utilisés des panneaux de 1,2 x 2,4 m, de 1,5 x 1,5 m ou 0,60 x 0,60 m, tous portés par un système de rails aluminium et in-serts dessinant un maillage de carrés de 60 cm de côté. Les efforts latéraux du vent sur cette façade suspendue sont repris par des butons métalliques qui la relient au voile structurel de la salle de l’église, au-dessus de l’escalier situé entre ces deux murs.

L’élément principal du bâtiment est sans doute son immense façade : un écran de verre translucide haut de 35 mètres, large de 19,5 mètres et épais de 0,80 mètres. Ce grand panneau est composé d’une structure en acier de tiges de 55 millimètre de diamètre. Au total 6 500 soudures ont été nécessaires pour solidariser cette immense grille. Le tout est recouvert par du verre feuilleté extra blanc 10.12 doublé d’un verre extérieur imprimé. Le film butyral de collage est lui même blanc opale, sauf sur deux lignes: verticale et horizontale dessinant ainsi une croix au moyen d’un film transparent.

Les travaux de Notre Dame de Pentecôte débutent véritablement le 25 mars 1998 avec la pose de la première pierre. Le bâtiment construit par l’entreprise Fougerole sera inauguré le 7 janvier 2001, ce qui en fait la première église ouverte au troisième millénaire en France.

Pour financer la nouvelle Maison d’Eglise Notre Dame de Pentecôte, voulue par François Favreau, évêque de Nanterre, les Chantiers du Cardinal organisent en novembre 1996, sur la place de La Défense une crèche vivante. La crèche des Landes composée de 80 petits automates est installée dans un chapiteau de 800 m². Elle  restera en place jusqu’en février 1997.

 

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