Une voiture renversée sur son toit et suspendue à un lampadaire, des tentacules géantes qui jaillissent d’un immeuble ou encore une immense balançoire figée vers le ciel. Non vous ne rêvez-pas, La Défense n’a pas plongé dans la quatrième dimension. Ces œuvres toutes plus originales les unes que les autres sont issues de la seconde saison des Extatiques qui s’est ouverte ce mercredi à La Défense et qui s’achèvera le 6 octobre prochain.

Après une première édition réussie l’année dernière pour célébrer les soixante ans du quartier d’affaires son établissement public, Paris La Défense a remis le couvert avec des œuvres toujours plus décalées. « La première édition a été un grand succès l’année dernière et du coup on s’est dit que l’on avait envie de pérenniser l’événement pour remettre La Défense comme une destination phare de la démarche artistique contemporaine », explique Marie-Célie Guillaume, la directrice-générale de l’établissement public qui dit vouloir faire des Extatiques un événement annuel en lui donnant plus d’ampleur avec le département des Hauts-de-Seine. La troisième saison qui est d’ores et déjà dans les cartons devrait se dérouler à la fois dans le quartier d’affaires mais aussi sur l’Ile Seguin à Boulogne.

Cette année ce sont donc une dizaine d’œuvres monumentales et insolites qui décorent l’esplanade. « Cette seconde édition suit le même esprit que la première mais avec une thématique qui est l’air. La Défense c’est un territoire où l’air est très présent. Entre les tours verticales, l’air circule très fortement », détaille Fabrice Bousteau, le commissaire de l’exposition.

Le voyage de cette balade artistique débute au Bassin Takis avec l’œuvre « Fog Sculture #07156 » de Fujiko Nakaya. L’artiste japonaise a placé au cœur du bassin 500 buses apportant un brouillard d’eau. Idéal en ces fortes chaleurs.

L’oeuvre Fog Sculpture #07156 de Fujiko Nakaya – Defense-92.fr

En remontant vers la Grande Arche, au pied de la grande Cheminée de Moretti, impossible de rater cette Peugeot 406 blanche, renversée, et posée sur le toit sur un candélabre. « La voiture sur le lampadaire », créée spécialement pour cette exposition est signée de l’artiste lyonnais Benedetto Bufalino.

La voiture sur le lampadaire de Benedetto Bufalino – Defense-92.fr

A gauche, « Breathing Flower », de l’artiste coréenne Choi Jeong Hwa est un grand lotus gonflable rose qui vient détonner dans l’univers minéral du quartier.

L’oeuvre Breathing Flower de Choi Jeong Hwa – Defense-92.fr

En poursuivant votre balade sur l’esplanade trente « sucettes » de JCDecaux affichent des reproductions d’œuvres d’art.

Les oeuvres L’aire des espaces d’air – Defense-92.fr

Sur la place basse, « L’Éloge de l’Envol » de Philippe Ramette dévoile une balançoire hors-norme dont la chaise est en lévitation dans le ciel. L’artiste y a ajouté une seconde de ses œuvres, moins monumentale où une chaise est vers le ciel accrochée à des cordes.

L’oeuvre Eloge de l’envol de Philippe Ramette – Defense-92.fr

Avec « Qui sème le vent », Pierre Ardouvin propose une œuvre sous forme d’une question. Ses lettres géantes sont animées par des dizaines de petits ventilateurs.

L’oeuvre Qui sème le vent ? de Pierre Ardouvin – Defense-92.fr

La dernière des œuvres est probablement la plus folle : Cinq tentacules vertes et oranges jaillissent de l’immeuble Ile-de-France. Cette œuvre « Octopied-Building » qui semble irréelle est sortie de l’imagination d’un duo d’artistes Desings in air.

L’oeuvre Octopied Building de Designs in Air – Defense-92.fr

Le collectif malaisien Pangrok Sulap oeuvre à réhabiliter une technique traditionnelle d’impression à partir de gravure sur bois. Pour Les Extatiques Pangrok Sulap présente une dizaine de gravures originales, inspirées par le site et dessinées in situ.

Les oeuvres Togetherness without borders de Pangrok Sulap – Defense-92.fr

Enfin l’artiste Tado Cern viendra à La Défense le 19 et 20 juillet prochain avec sa machine « Blow job ». L’artiste proposera à chacun de se faire tirer le portrait sous un vent de 300 km/h. Les vingt meilleurs portraits de visages déformés seront alors exposés du 26 juillet jusqu’au 6 octobre.

Après avoir acquis le banc géant de l’artiste Lilian Bourgeat qui trône désormais au beau milieu de l’esplanade, l’établissement envisage de pérenniser « une ou deux » œuvres de cette seconde saison. « Notre objectif c’est de venir enrichir notre collection d’œuvres d’art du quartier, confie Marie-Célie Guillaume. On le décidera à la fin de l’exposition en fonction de plusieurs critères ».