La lumière va-t-elle enfin revenir sur le pont de Neuilly ? C’est en tout cas l’ambition de la municipalité neuilléenne. La ville vient de recevoir fin décembre une étude d’Egis pour remettre en état ce pont, véritable porte d’entrée de La Défense lorsque l’on vient de Paris en voiture, à pied ou en vélo. Plongé dans le noir depuis environ cinq ans, ce pont qui enjambe la Seine le long de l’axe historique dépérit depuis des années déjà. La faute à un manque d’investissement de l’État qui est propriétaire de cet équipement, par le biais de la DIRIF, la Direction des routes d’Île-de-France.

Mais il n’y a pas que l’éclairage qui est défaillant sur ce pont métallique construit en 1942, en remplacement d’un ancien pont en pierre puis élargi en 1992 pour accueillir la ligne 1 du métro, prolongée. Depuis un long moment déjà l’équipement n’est presque plus entretenu par la DIRIF. Outre les lampadaires en panne, les panneaux de signalisation font grise mine et les deux trottoirs latéraux sont de plus en plus fatigués.

Un état de délabrement que ne veut désormais plus voir la ville de Neuilly. « On a reçu énormément d’habitants qui pensaient que le pont appartenait à la ville de Neuilly », confie Frédéric Neveu, directeur du pôle espaces publics de Neuilly-sur-Seine. Devenu anxiogène pour les piétons et cyclistes la nuit tombée, une pétition à d’ailleurs été lancée il y a quelques semaines pour demander le retour rapide de l’éclairage sur cet axe aussi bien fréquenté par les piétons et cyclistes que par les automobilistes.

Face à l’inaction de la DIRIF, la ville souhaite désormais redonner une meilleure image à ce pont. « L’état nous a dit que si on voulait faire des travaux il nous autorisait à les faire », explique Frédéric Neveu.

La ville de Neuilly ne veut pas être la seule à payer

Parmi les objectifs de la ville afin de redonner une nouvelle vie au pont, la remise en service de l’éclairage est au programme, mais aussi la création d’une zone « voie verte » et une refonte du revêtement au sol. Trois solutions se présentent désormais à la ville. La première consiste à conserver un mat sur deux existants (les plus petits servant uniquement pour les trottoirs) de l’éclairage tout en remplaçant le système de lumière. La seconde solution prévoit la suppression de l’ensemble des mats d’éclairage existants au profit d’un éclairage plus sobre installé sur les garde-corps du pont et destinés uniquement aux piétons et non aux automobilistes. Enfin la troisième solution et la plus ambitieuse. Là encore les grands mats d’éclairage seraient supprimés au profit d’un éclairage sur les garde-corps du pont. En plus du revêtement refait, des barrières de sécurité seraient installées entre les trottoirs et les voies de circulation. Ces deux dernières options consistant à déposer les mats existants permettrait ainsi de libérer un espace au sol au bénéfice des piétons et cyclistes.

Dans ces trois hypothèses de réaménagement, les cyclistes ne seront pas oubliés. A défaut de pouvoir créer une véritable piste cyclable (faute de largeur des trottoirs) et devant le refus de la DIRIF de réduire les voies de circulation dans les deux sens au profit des circulation douce, la ville de Neuilly a trouvé une solution. Cette solution passera par la création d’une voie verte, une route exclusivement réservée à la circulation des véhicules non motorisés, des piétons,…

Mais alors qui va payer ces travaux chiffrés à plusieurs centaines de milliers d’euros ? Une chose est sûre, si la ville de Neuilly est pour l’instant à la manœuvre, elle refuse de mettre seule la main à la poche. La municipalité entend convaincre ses voisines de Puteaux et Courbevoie de financer les travaux mais aussi la DIRIF, l’établissement public Paris La Défense et le département des Hauts-de-Seine qui a repris il y a quelques années la gestion auprès de l’État du boulevard circulaire qui était lui aussi dans un piteux état.