Les usagers de la ligne L mettent un carton rouge à la SNCF

Des responsables de l'association avec Valérie Pécresse à la gare St Lazare le lundi 9 décembre 2013

Le ras-le-bol continue pour les usagers de la ligne L. Pour se faire entendre l’association « Plus de Trains pour La Défense » a désormais décidé de dégainer un carton rouge envers la SNCF.

Retards, trains supprimés,… les causes des problèmes sont multiples : Rails cassés, problèmes de signalisation, problèmes de caténaires, pannes du matériel roulant, grèves à répétition, dégradations, accidents voyageurs. La branche Paris Saint-Lazare – Versailles Rive-droite – Saint-Nom la Bretèche accumule depuis plusieurs années de nombreuses défaillances et ça ne s’arrange pas: à tel point que la ligne est en tête du palmarès de la ligne de Transilien la moins fiable du réseau (hors RER).

L’association « Plus de Trains » qui à l’origine demandait une meilleure desserte entre Asnières sur Seine et La Défense a depuis plusieurs mois étendu son combat à toute la ligne en tractant régulièrement dans les gares de la ligne. Elle pourrait également s’intéresser à la ligne U (La Défense – La Verrière).  Kamel et Arnaud, les deux responsables de l’association, tout les deux salariés de la Société-Générale à La Défense mènent un féroce combat contre la SNCF pour se faire entendre.

Ils demandent une amélioration des infrastructures, une refonte des horaires de la ligne, la mise en place de nouveaux matériels roulants.

Sur la branche de La Défense les rames Z 6400 qui sont en circulation ont plus de trente ans d’âge. Il n’est pour le moment pas prévu l’arrivée de nouveaux trains Franciliens qui sont affectés en revanche à l’autre branche de la ligne L, celle passant par  Nanterre. «On nous promet une réaffectation des  Z 22500 qui circulent sur la ligne E quand elle sera prolongée» explique Arnaud. Mais le prolongement ne devrait pas être terminé avant au moins 2020. Et d’ici là les rames de la ligne L auront atteint 40 ans et 20 ans pour celles de la ligne E.

Sur sa page Facebook, les commentaires s’accumulent au gré des problèmes quotidiens : «Ras le bol de cette ligne L !!! Tous les matins des retards !!!» commente Bénédicte.

Les représentants de l’association ont alerté ces derniers mois plusieurs élus, maires ou encore ministres comme Jean-Marc Ayrault. En juin dernier le maire de Levallois, Patrick Balkany, s’était même déplacé en empruntant  un train du matin :« Je mets en demeure la SNCF de nous donner des trains (ndlr : pour La Défense) qui s’arrêtent à Levallois avait-il déclaré. S’ ils ne le font pas rapidement je vais prendre des mesures qui vont être très désagréables pour la SNCF ». Les autres maires concernés, dont les maires de Courbevoie et d’Asnières, lui ont tous apporté leur soutien. 

Dernière rencontre en date, celle de Valérie Pécresse qui a fait le parcours entre Versailles Rive-droite et Paris Saint-Lazare, avec une escale à La Défense lundi 9 décembre au matin. 

Du côté de la SNCF: elle reconnait à demi-mots les problèmes sur cette ligne mais nie les problèmes de saturation des quais à Asnières notamment en cas de problème, amenant à une situation de danger. Pour la mise en place de trains supplémentaires (omnibus le matin et le soir entre Pont Cardinet et Bécon les Bruyères),  l’exploitant botte en touche expliquant qu’il est très difficile de modifier la grille et que cela prend du temps.

En juillet dernier un premier comité de ligne a été organisé par la SNCF et le STIF. « Aujourd’hui le STIF semble prendre conscience des problèmes et a diligenté une étude, mais il pour les résultats et d’éventuelles améliorations », regrette Arnaud.

En attendant les usagers prennent leur mal en patience et voyagent au rythme des aléas affrontant parfois des situations ubuesques.

Le 28 octobre Isabelle, qui travaille à La Défense souhaite rentrer chez elle pour aller récupérer sa fille à l’école. Son train pour Asnières est supprimé; elle décide alors de transiter par Paris Saint Lazare pour reprendre un train pour Asnières, entre ces deux gares les liaisons étant beaucoup plus fréquentes. Mais son abonnement Navigo ne lui permet pas de transiter par Paris, et mauvaise fortune persistante, des contrôleurs de la SNCF décident de la verbaliser. « Des agents de contrôle se présentent dans le wagon. Un des agents tente de me verbaliser alors que j’ai un Navigo mensuel zones 2 – 3 validé; je refuse catégoriquement et demande la présence des forces de l’ordre. Pour avoir voulu faire valoir ma bonne foi, l’agent m’a signifié son intention de déposer plainte à mon encontre; de plus dans mon désarroi et face à cette situation d’injustice, j’ai eu le droit à un commentaire sardonique d’un autre agent qualifiant mon attitude de  » one woman show pour lequel on pourrait me payer 20€  » explique Isabelle qui est accueillie à Saint-Lazare par trois policiers de la brigade ferroviaire qui l’ont accompagnée en cellule ouverte. Finalement, une amende de 30€ lui a été adressée. Contactée par France Inter, la SNCF a expliqué qu’elle allait ouvrir une enquête interne. « Nous demandons à la direction Saint Lazare de supprimer ce type de verbalisation injuste au plus vite » explique l’association sur son site, parlant d’une double peine. 

Si vous aussi, vous utilisez la ligne L ou la U du Transilien, apportez vos témoignages dans les commentaires.