Chantier Eole : 700 000 heures de travail pour les allocataires du RSA

La SNCF Réseau a signé avec la Maison de l’Emploi et de la Formation de Nanterre et l’agence départementale d’insertion Activity’ (Yvelines) deux conventions permettant à plusieurs centaines de bénéficiaires du RSA de travailler sur le chantier d'Eole.

La signature des deux conventions avec de gauche à droite Pierre Bédier, le président des Yvelines, Didier Bense, le DG de SNCF Réseau et Patrick Jarry, le maire de Nanterre et président de l'Epadesa - Florence Hubin / Le Parisien

Des centaines de milliers d’heures vont être réservées aux personnes éloignées de l’emploi pour le chantier d’Eole. La SNCF Réseau qui porte le projet du prolongement du RER E vers Mantes -la-Jolie vient de signer avec la Maison de l’Emploi et de la Formation de Nanterre et l’agence départementale d’insertion Activity’ (Yvelines) deux conventions afin de réserver 700 000 heures de travail pour les bénéficiaires du RSA. Les entreprises en charge des marchés à savoir notamment Bouygues Construction et Vinci devront ainsi réserver au moins 7% des heures de travail aux allocataires y compris en sous-traitance, faute de quoi elles seront soumises à des pénalités.

Ce dispositif doit représenter entre 100 et 150 emplois à plein temps par an, soit plusieurs centaines de postes jusqu’en 2022. Les deux structures pour l’emploi seront en charge de la formation et du recrutement des allocataires pour les entreprises qui interviendront sur le chantier d’Eole. Les entreprises auront cependant le choix du mode de recrutement (embauche directe, sous-traitance, co-traitance avec une entreprise d’insertion, mise à disposition de salariés en insertion sur la durée du marché par une entreprise de travail temporaire d’insertion,…), et de globaliser les heures d’insertion sur une seule personne et un seul chantier ou encore de valoriser les heures d’insertion dues lors d’embauches en CDI.

Dans les Yvelines où les premiers chantiers ont débuté, des coffreurs ont déjà été recrutés. Dans les Hauts-de-Seine et à Paris où le plus gros des travaux sera réalisé avec notamment les gares de La Défense sous le Cnit, de Nanterre la Folie et de la Porte Maillot mais aussi du tunnel, les recrutements et départs en formation auront lieu à partir de septembre prochain.

Le maire de Nanterre, Patrick Jarry (divers Gauche) qui s’est réjouit de la signature de ces deux conventions parlant d’une « démarche socialement exemplaire et inédite par son ampleur » a rappelé que 14% des habitants de sa ville sont sans emploi. Ces administrés seront ainsi susceptibles de bénéficier des 450 000 heures dévolues aux marchés des Hauts-de-Seine et à Paris.

Dès la phase chantier, entre 2016 et sa mise en service, le chantier d’Eole devrait générer pas moins de 80 000 emplois promet la SNCF. 30 000 seront liés à la conception, la préparation et la réalisation. 30 000 autres seront indirects avec la production des matériaux, des équipements ferroviaires, les transports, l’énergie et les services. Enfin 20 000 autres doivent être créés dans les secteurs de l’alimentation, du logement, des transports et des loisirs.

Long de 55 kilomètres, le projet Eole chiffré à 3,7 milliards d’euros comprend 47 kilomètres de voies existantes rénovées entre Mantes-la-Jolie et Nanterre la Folie et huit kilomètres de voies créées en tunnel jusqu’à Paris Haussmann l’actuel terminus de la ligne. Vient s’ajouter au dispositif la création de trois gares : Paris Porte Maillot et La Défense, qui seront souterraines et Nanterre La Folie (à ciel ouvert).

La mise en service du prolongement d’Eole sera progressive. En 2020, le RER E desservira les trois nouvelles gares (Paris Porte Maillot, La Défense et Nanterre la Folie), puis en 2022 la liaison est-ouest sera complète jusqu’à Mantes-la-Jolie.