Attentats à Paris : Lundi éprouvant dans le quartier de La Défense où la sécurité est renforcée

Tristesse et émotion. Ce lundi 16 novembre n’était pas un jour comme les autres. Comme partout en France l’heure était au recueillement après les attentats du 13 novembre. Dans le quartier d’affaires la sécurité a été renforcée comme au lendemain des attaques de Charlie Hebdo.

Des militaires en patrouille sur la dalle de La Défense en novembre 2015 - Defense-92.fr

Triste lundi. En ce début de semaine trois jours après les attentats parisiens qui ont fait au moins 129 morts et des dizaines de blessés la France était toujours en état de choc, groggy de ces terribles attaques. A La Défense l’émotion était particulièrement palpable et visible sur les visages. Une émotion qui s’est d’ailleurs largement exprimée durant la minute de silence particulièrement émouvante où des milliers de salariés sont descendus en bas de leur immeuble pour rendre un hommage solennel.

Après un weekend particulièrement calme aux 4 Temps durant lequel de nombreuses boutiques avaient choisi de ne pas ouvrir, ce lundi toutes étaient ouvertes. Chez les commerçants si la tristesse est bien là, la peur n’y est pas. « Je n’ai pas peur, il faut continuer à vivre » confie Julie, stagiaire à la boutique Maison du Monde qui se sent en sécurité dans le centre « il y a des policiers et militaires partout ». Si Alexander, le responsable de la boutique Kaporal explique ne pas avoir peur, pour lui « rien a changé  » concernant la sécurité dans le centre. Mais les conséquences des attentats inquiètent. Pour Alexander la fréquentation va être « morte » jusqu’à la dernière semaine avant noël, un avis partagé par Julie « Il y aura un impact, c’est sûr, les gens ont peur ».

Au pied des tours Cœur Défense Colette et Corine s’accordent une pause cigarette et ne parlent que de ça. « L’ambiance était très pesante » explique Colette, salariée chez RTE. Mickael, un autre salarié dans le quartier se dit « peu inquiet » pour lui « il ne faut pas tomber dans psychose ». Laura, qui a pour habitude de se balader tous les lundis après le travail aux 4 Temps est rassurée de voir la sécurité mise en place aux portes du centre. Malgré la peur la jeune femme ne veut pas succomber « j’ai peur mais il faut continuer à vivre avec ». Habitante depuis toujours dans le quartier à la résidence des Platanes, Françoise est, elle, inquiète « Oui il y a de quoi être inquiet, je vais aux 4 Temps mais à reculons ».

Dès le lendemain des attentats, la sécurité a été largement renforcée dans le quartier. Comme après les attaques de Charlie Hebdo, tous les sacs des visiteurs des 4 Temps et du Cnit sont fouillés systématiquement tandis que les entrées des boutiques donnant sur le Parvis son fermées par mesure de sécurité. Certaines boutiques décident même d’opérer une double fouille à leurs entrées. Une mesure qui peut rassurer pour cet agent de sécurité mais qui est totalement inefficace « Si un type vient avec un kalachnikov qu’est -ce que je vais faire ? ». Aux entrées de beaucoup de bâtiments et tours des contrôles des sacs ont là aussi été mis en place comme à Cœur Défense ou à la tour Areva. Sur la dalle de La Défense mais aussi dans le centre commercial des 4 Temps et du Cnit ainsi que dans la gare de La Défense de nombreuses unités de gendarmes mobiles et de militaires patrouillaient toute la journée du lundi. Mais pour combien de temps ? A la préfecture des Hauts-de-Seine on explique que la mesure sera reconduire « au jour le jour ». Si les quelques militaires étaient toujours présents depuis les attentats de Charlie Hebdo en patrouille dans le quartier, les policiers en renfort avaient disparu au bout de quelques jours, faute de moyens.

  • BadBoy.Boogie

    Totalement d’accord avec l’agent de sécurité qui déclare : “Si un type vient avec une kalachnikov qu’est-ce que je vais faire ?”. On nous demande d’ouvrir nos sacs en entrant aux 4 Temps et au Cnit, mais les agents de sécurité jettent simplement un oeil, sans même fouiller le contenu. On peut très bien passer avec une arme au fond du sac, ou pire encore : avec une arme ou une ceinture d’explosifs dissimulées sur soi ! 🙁