Pendant une semaine des sans-domicile ont pu trouver refuge à la Paris La Défense Arena

L’enceinte sportive a accueilli pendant six nuits une vingtaine de sans-domicile à l’initiative de la Croix Rouge des Hauts-de-Seine.

Julien qui a décroché un travail à la RATP espère bientôt trouver un logement - Défense-92.fr

A la Paris La Défense Arena il n’y a pas que des rugbymens, des chanteurs et autres artistes. L’enceinte multimodale où évolue le Racing 92 a accueilli pendant plusieurs nuits des sans-domicile. Depuis samedi dernier, l’arena a hébergé chaque soir une vingtaine d’hommes en difficultés dans l’une de ses salles. Cet hébergement d’urgence qui s’est achevé ce vendredi matin est le fruit d’une convention entre la Paris La Défense Arena, la Croix-Rouge française et l’État, afin de créer un centre d’accueil hivernal pour les personnes isolées en période de grand froid ou en cas d’urgence.

La convention qui s’arrêtera fin mars doit donc permettre l’ouverture de l’équipement en fonction des conditions climatiques mais aussi de sa disponibilité. « C’est une première, on leur propose en plus d’un lit, un diner, un petit-déjeuner et l’accès à une douche », explique Claire Godemen, responsable du pôle exclusion de la Croix-Rouge pour les Hauts-de-Seine.

« Ici c’est propre, on a de l’espace »

Si les centres d’hébergement sont souvent rejetés par les SDF, celui de l’Arena semble satisfaire ses occupants. Dans une grande salle en sous-sol de l’arena, une vingtaine de lits de camps ont été disposés ici et là, permettant à chacun de garder une intimité. « Ici c’est propre, on a de l’espace. On m’a dit qu’il y avait une salle propre alors je suis venu pour voir « , confie Kamel, 52 ans, à la rue depuis 9 mois après un divorce et un accident de voiture et baladé d’hôtel en hôtel.

Non loin de lui, Julien, 39 ans est aussi un accidenté de la vie. « Je vais à droite à gauche, ça m’est arrivé de dormir à la Maison de l’Amitié de La Défense ou au centre Chapsade Nanterre », explique Julien. Et comme Kamel, il dit apprécier le lieu. « Il y a des endroits où c’est assez spécial, mais ici c’est tranquille », lâche-t-il. Après un conflit avec sa mère, l’homme s’est retrouvé à la rue le 27 août dernier. Un nouveau choc pour le trentenaire qui avait déjà connu une période similaire entre 2000 et 2009. « Je m’étais dit que jamais je n’y retournerais », soupire Julien. Mais l’homme garde le sourire et l’espoir car le bout du tunnel ne semble plus très loin. « J’ai signé un CDD à la RATP  pour un poste d’assistant régulateur, je vais commencer à travailler le 1er mars », poursuit-il.

Une gestion par la Croix Rouge

La gestion de ce lieu de mise à l’abri est pilotée par la Croix-Rouge française. Les frais engagés par l’association feront eux l’objet d’une subvention spécifique de l’État, précise l’établissement public Paris La Défense. De son côté, Paris La Défense Arena s’est engagée à prendre en charge la totalité des coûts liés à l’utilisation des lieux (chauffage, éclairage, eau, sécurité incendie, entretien…).

« Il est exceptionnel qu’un équipement privé accepte d’accueillir les personnes les plus vulnérables pendant les périodes de grand froid. Je salue l’engagement personnel de Jacky Lorenzetti, président du Racing 92, ainsi que celui de ses équipes.  Cette initiative démontre que le quartier d’affaires, territoire économique majeur, devenu une destination culturelle et sportive grâce notamment à Paris La Défense Arena, est aussi un lieu de solidarités. L’hébergement ainsi proposé pendant cette période de grand froid est géré par la Croix-Rouge, et vient en complément de l’accueil de jour et du suivi assuré toute l’année par la Maison de l’Amitié », commente Marie-Célie Guillaume, la directrice générale de Paris La Défense.