La tension monte entre les salariés d’Otis et leur direction

Vitre brisée, caddie et banc publics brulés, pétards, fusées,… la nouvelle manifestation des salariés d’Otis devant le siège de leur entreprise était houleuse ce lundi 15 juin.

Un salarié protestant devant le siège d'Otis le 15 juin 2015 - Defense-92.fr

La colère était palpable devant le siège d’Otis ce lundi 15 juin. Les salariés de l’entreprise d’ascenseurs se sont rassemblés pour la sixième journée au pied de l’immeuble Ile-de-France qui abrite le siège de l’entreprise américaine, filiale d’United Technologie Corporation. Cette nouvelle journée de mobilisation a réuni environ 500 manifestants (250 selon la police) venus de plusieurs sites français dont ceux de l’Ile-de-France.

Les grévistes ont une nouvelle fois envahi le centre commercial des 4 Temps où ils ont formé une chaine humaine devant l’hypermarché Auchan. Le cortège s’est par la suite rendu au Cnit en scandant plusieurs messages dont « Otis peut et doit payer »; le groupe est par la suite retourné sous les fenêtres de leur direction. Plusieurs projectiles dont des œufs ont été jetés sur la façade du bâtiment ainsi que sur le cordon de gendarmes mobiles qui empêchait les manifestants d’y pénétrer. Une vitre du bâtiment a été brisée. Plusieurs fumigènes, pétards et fusées ont été également utilisés. La tension est montée lorsque certains des salariés ont tenté de forcer le barrage des forces de l’ordre notamment à l’aide d’une barrière. Les gendarmes ont répliqué avec des gaz lacrymogènes. Deux manifestants ont alors été interpellés avant d’être rapidement relâchés.

Certains manifestants ont alors incendié leurs tenues de travail sur la place de la Pyramide devant le siège d’Otis et y ont fait bruler un caddie de l’hyper Auchan. Un banc public en bois a été également jeté dans le brasier, et détruit partiellement.

Si pour Eric Basquez, délégué CGT la mobilisation « ne faiblit pas » un porte parole de l’entreprise indiquait le contraire parlant de « beaucoup moins de grévistes ce lundi ».

Une délégation de six représentants syndicaux a été reçue par la direction de l’entreprise en fin d’après-midi. Cependant la situation reste figée, les partenaires sociaux et la direction n’ont toujours pas réussi à trouver un terrain d’entente.

Selon Sylvie Galuppo, délégué Force Ouvrière,  7 789 appels pour intervention étaient enregistrés (dont un millier jugés prioritaires) à 7h30, lundi matin en France dans le parc d’Otis qui gère quelques 160 000 ascenseurs, escalators ou travelators.

Le conflit social a débuté le vendredi 5 juin dernier. Les grévistes protestent contre un projet de plan social comportant 170 suppressions de postes et contre la charge de travail induite par la baisse à venir des effectifs. Ils s’élevaient également contre l’absence d’augmentation salariale collective en 2015.