Comment évacuer La Défense ?

Un exercice d'attentat chimique sur le Parvis

Les images du chaos le 11 septembre 2011 sur l’île de Manhattan juste après les attaques terroristes qui ont frappé le World Trade Center, restent dans mémoires. Mais si un acte terroriste majeur se déroulait à La Défense, comment réagirait la foule ? et surtout comment la rassurer et l’évacuer ? C’est à cette question que la préfecture des Hauts-de-Seine travaille actuellement. Ce plan de réaction en cas de crise majeure dans le premier quartier d’affaires européen, devrait être rendu public d’ici deux à trois mois.

En novembre 2011, un exercice grandeur nature avait été organisé dans la gare Cœur Transport. Le scénario : deux bombes chimiques qui explosent coup sur coup dans une rame du RER A en gare de La Défense. Le bilan, quatre morts, des dizaines de blessés, des milliers de salariés pris de panique. La simulation d’attentat, organisée dans la nuit du 18 au 19 novembre 2011, envisageait un scénario sombre pour le quartier. L’exercice avait mis en action pompiers, secouristes, policiers et bénévoles. Les unités spécialisées, comme la cellule NBC (nucléaire, bactériologique, chimique) avaient alors été sollicitées et des tentes de décontamination déployées au pied du Cnit.

Cette simulation avait mis en évidence plusieurs problèmes. La place Carpeaux s’était très rapidement transformée en zone d’étranglement entre les véhicules qui arrivaient et ceux qui partaient mais aussi stationnaient sans raison.

« Le nouveau plan prévoit des itinéraires balisés, des axes spéciaux totalement réservés aux véhicules des secours. Ces routes jalonnées de policiers et de barrières partent de la porte Maillot et vont jusque derrière La Défense » explique la Préfecture au Parisien. Afin d’éviter un engorgement du quartier, deux zones d’attente opérationnelle (ZAO) seront aménagées à moins d’une minute du site. Les véhicules s’arrêteront dans ces « sas » selon une position et un ordre bien défini avant de rejoindre leur destination. De même, des parcours établis longtemps en amont permettront de rallier les hôpitaux en un minimum de temps.

Si la situation devenait incontrôlable ou si l’attaque terroriste s’avérait extrêmement grave (crash d’avion,…) la foule serait informée par haut-parleurs. Des équipements, en cours de commande, serviraient à informer les habitants et les personnes se trouvant à l’extérieur. Pour les salariés des tours ils seraient informés au sein de leur entreprise. Les dizaines de milliers de personnes seraient invitées à suivre un itinéraire tracé en étoile depuis le parvis de La Défense pour quitter la « poire » et passer de l’autre côté du boulevard circulaire d’où ils seraient guidés et pris en charge dans des structures adaptées. L’objectif de la préfecture est bien d’éviter de voir des foules errer comme ce qui s’était produit à New York après l’effondrement des tours jumelles.

L’autre enjeu de ce plan sera de faire en sorte d’informer la population pour limiter les rumeurs et scènes de panique. Les réseaux de téléphone portable deviendraient saturés en à peine dix minutes les rendant inutilisables. Les autorités transmettront alors aux villes par le biais de réseaux filaires (Puteaux, Courbevoie, Nanterre,…) les informations. Ces dernières informeront le public par le biais de panneaux lumineux ou d’annonces sonores.