Le 24 décembre 1960 on a fêté Noël en version XXL au Cnit

Il y a 58 ans le patron d’Europe 1, Louis Merlin veut « faire un coup » en organisant dans le Cnit, une messe de Noël géante qui sera retransmise en direct.

Le 24 décembre 1960, une grande messe de minuit est organisée sous la voute du Cnit - Jean Pottier

Inaugurée depuis tout juste deux ans la grande coquille de béton du Cnit, comparées par certains à une « grande cathédrale des temps modernes », va bien porter son nom en ce soir du 24 décembre 1960. Il y a cinquante-huit ans, Louis Merlin, le patron d’Europe 1 veut « faire un coup » en organisant dans le premier bâtiment de La Défense une messe de minuit qui sera retransmise en direct. En ce soir de la veille de Noël, le public répond présent malgré le froid et vient en masse dans ce tout nouveau centre d’exposition inauguré deux ans plus tôt. Combien sont-ils sous la voûte ? 80 000, 100 000, les organisateurs ont renoncé à compter, relate Paris Match.

Le bâtiment est sobrement décoré, l’autel dressé face à l’une des trois grandes façades vitrées est entouré de rideaux beiges. En bas sur deux stands, deux écriteaux, certes un peu misogynes, mais c’est encore d’époque, sont affichés avec les messages : « confession hommes » et « confessions femmes ».

Louis Merlin, à l’origine de ce rassemblement géant s’approche du micro et va demander que l’on n’applaudisse pas les artistes qui vont participer à la manifestation exclusivement religieuse. Un carillon électronique égrène les douze coups de minuit, puis un prêtre vient et parle à la foule. Il parle lentement pour éviter que ses phrases fassent écho dans l’immense structure en béton. Puis le premier artiste se présente. C’est Tino Rossi qui va chanter « Le Minuit, chrétiens ». On entend aussi Géori Boué, les Djinns, Duke Ellington, Jacqueline et Lucienne Boyer sans oublier la star de l’époque, Charles Trenet. François Périer lit, les Évangiles. Sur le balcon de gauche la procession des enfants de chœur s’avance lentement. A la minute de communion, les dizaines de milliers de fidèles affluent dans un silence recueilli. Le succès est tellement grand que les dizaines de prêtres doivent couper les hosties en quatre pour satisfaire les communiants.

Malgré cette immense réussite, la grande cathédrale de béton des temps modernes ne reverra jamais un tel événement religieux. Les divers salons comme celui de l’Enfance, des Floralies, du Sicob ou des arts ménagers continueront de s’y succéder jusqu’à la reconversion du bâtiment au milieu des années 80.