Mobilisation du Racing pour l’Arena 92

Mobilisation du Racing pour l'Arena 92

Fanfare, drapeaux, banderoles,… ils étaient environ 150 ce dimanche 15 avril au matin sur l’esplanade du Générale de Gaulle à Nanterre à venir manifester leur soutien au projet de l’Arena 92 malgré le début des vacances scolaires, l’heure matinale du rendez-vous et le froid. Depuis quelques jours le futur équipement sportif et culturel mais aussi de bureaux est menacé par un recours judiciaire à l’encontre du permis de construire.

Tous vêtus aux couleurs bleue et blanche du club, les manifestants présents étaient pour la plupart des supporteurs du club qui avaient répondu à l’appel de Jacky Lorenzetti. Des salariés de GTM Construction, le constructeur de l’équipement mais aussi des joueurs du Racing Juan Martin Hernandez, Fabrice Descons, Mikaele Tugahala, Andrea lo Cicerro, Antoine Battut, Bernard Leroux, Jonathan Winiewski,… étaient présents.

Cette manifestation fait suite au dépôt d’un recours contre le permis de construire déposé le vendredi 6 avril dernier par une association de Nanterre « Acri-Liberté ». Cette association proteste contre l’emplacement de l’équipement du club de rugby des Hauts-de-Seine.

Le cortège , sous les paroles d’un hymne créé pour l’occasion, a parcouru quelques centaines de mètres pour se rendre devant l’immeuble où vivent les dépositaires du recours, rue Salvador Allende. On pouvait entendre sous les fenêtres de l’immense immeuble de logements, la foule dans une ambiance bonne enfant « L’Arena, c’est des milliers d’emplois; le recours c’est des chômeurs en plus; oui, oui au Racing Arena; non non au recours de l’Acri. L’arena c’est la vie dans le quartier, le recours c’est les commerces fermés, L’arena c’est l’image de Nanterre »

Le projet qui a obtenu un large soutien de la population des habitants de Nanterre est soutenu à plus de 80% rappelle Jacky Lorenzetti. Françoise, une riveraine du haut de ses 80 ans se réjouit du projet et espère déjà aller assister aux rencontres, elle nous confie ne pas comprendre les intentions de l’association qui a déposé le recours. En revanche Jeanne, 81 ans est plus sceptique sur l’utilité de l’équipement et craint qu’il engendrera du bruit, mais explique n’être « ni pour, ni contre ».

« Je soutiens le club depuis toujours, c’est super pour le développement du club » clame Laurent un fan du Racing qui explique ne pas comprendre le recours et affirme que les habitants les plus proches ne se plaignent pas.

Si le recours n’est pas suspensif et donc n’empêche pas un lancement des travaux, Jacky Lorenzetti refuse de prendre le risque d’un démarrage du chantier en rappelant le cafouillage du stade Valenciennes. En revanche il a démenti les propos qui lui étaient rapportés d’abandon du projet en cas de recours; il a rappelé sa motivation à se battre pour défendre son projet.

Bernard Perraudin, le dépositaire de ce recours qui a observé de près cette manifestation, est toujours décidé à faire annuler le permis de construire. « Nous demandons le respect du plan d’urbanisme et de la construction comme prévu, du jardin Gilles Clément » explique t-il. Il n’est cependant pas fermé au dialogue et exige que les engagements pris par l’EPADESA, le département des Hauts-de-Seine, la ville de Nanterre et le Racing concernant le dédoublement de la route national D 914, la création d’un cheminement piétons et l’extension des jardins de l’Arche soient actés et inscrits « noir sur blanc ». Quitte à ce que sur ce dernier point l’un des deux projets annexes au complexe de l’Arena, l’ilot Valmy (l’hôtel) ou l’ilot 19 (le programme de logement) ne se réalise pas pour laisser place aux jardins. Dans le projet il voit aussi un « déséquilibre plus important entre le nombre de logements et de bureaux ». Bernard Perraudin explique avoir été intimidé par des courriers anonymes et des mails qui verraient dans son acte l’argent comme unique motivation.

Pascal Simonin, président de Stadome, la société en charge de la construction espère encore que le dialogue sauvera le projet. « Nous espérons trouver une issue avant le mois de mai 2012 pour lancer les travaux qui sont aujourd’hui figés ».

L’homme fort du Racing s’agace de ce bâton dans la roue « Tout retard serait terrible économiquement. Et puis les banques risquent de ne pas suivre en cas de recours. D’ores et déjà, une centaine de personnes qui travaillent sur le projet ,vont être mises au chômage à cause de ce recours. Il faut que les dirigeants de cette association le retirent, il habitent à plus de 800 mètres du complexe et donc ne sont pas concernés ». Mise au chômage qui n’émeut pas Bernard Perraudin qui voit là un risque pris par le Racing.

Si aucun accord n’est trouvé avec l’association qui compte une petite centaine de membres, le Racing devrait alors attendre deux ans pour qu’un jugement soit rendu. Le délai pourrait s’étaler sur six ans en cas d’appel et de cassation. Ces délais seraient fatals à l’équipement.

Sur internet, une pétition comme pour les projets Phare et Hermitage a été lancée par un internaute en soutien au Racing de l’Arena. Dimanche soir elle comptait plus de deux-cent signatures. Pétition ici.

Cet espace multimodal développera un stade de Rugby d’une capacité de 32 000 places, qui pourra se transformer en une salle de spectacle de 15 000 à 40 000 places et un immeuble de bureaux de 38 000 m². Il sera notamment équipé d’un toit ouvrant, pouvant se refermer en cas d’intempéries ou pour des configurations « concerts »; d’une pelouse synthétique, d’une centaine de loges, d’écrans géant de dernière génération, d’un traitement BBC de la partie bureaux – géothermie, de panneaux photovoltaïques, d’un traitement mutualisé de l’énergie et d’un traitement particulier apporté aux nuisances sonores grâce à un système d’isolement par doubles parois et un traitement de la peau extérieure pour assurer la tranquillité des riverains. « La priorité n’était pas le rugby mais un stade multimodal » souligne Jacky Lorenzett qui précise que la ligne de touche sera à moins de 4 m50 des premiers spectateurs.

Le Racing Metro 92 espère déjà l’organisation de 18 matchs par an et jusqu’à 40 évènements par an.

Le montant du projet pour le complexe Arena 92, -dont le nom définitif n’est pas encore choisi- devrait s’élever à 320M€ ; il sera financé entièrement par des fonds privés dont 60 à 70% par des prêts bancaires. La location des 38 000m² de bureaux et la location de l’enceinte pour des spectacles, voire même d’autres compétitions (handball, basketball, football,…) devraient contribuer à son financement. Les retombées touristiques sont déjà estimées à 23M€. Le stade bénéficiera d’un « naming » pratique qui consiste à donner, généralement à un stade, le nom d’un partenaire contre rémunération.