Les opposants à la tour Phare ne se pourvoiront pas en cassation devant le Conseil d’Etat

La tour Phare - Morphosis / unibail-Rodamco

Les voyants sont presque au vert pour la tour Phare. Les opposants au projet qui avaient attaqué la validité du permis de construire de la tour Phare devant le tribunal administratif de Cergy puis devant la Cour Administrative d’Appel de Versailles qui les a déboutés, ont annoncé qu’ils ne se pourvoiraient pas en cassation devant le Conseil d’Etat.

Le projet de la tour Phare qui développe 147 000 m2 répartis sur 70 étages pour une hauteur avoisinant les 286 mètres (imaginée par l’architecte américain Morphosis à la suite d’un concours international en 2006 mené par l’Epadesa, alors Epad) avait obtenu son permis de construire le 6 juillet 2010. Ce dernier avait été attaqué par l’association « Village », l’opposition de Puteaux et Courbevoie représentée notamment par Jean-André Lasserre (élu PS à Courbevoie et au Conseil Général des Hauts-de-Seine), Nadine Jeanne (PS à Puteaux) et Joëlle Paris (élue EELV à Courbevoie) et la MASCF propriétaire de l’immeuble Triangle de l’Arche par sa SCI Horbouts I et II. Après un rejet de leur requête par le Tribunal administratif de Cergy en mai 2012, les trois opposants à la tour Phare avaient fait appel de la décision. Deux ans après, en décembre 2014, la sixième chambre de la Cour Administrative d’Appel de Versailles avait dans son arrêt rejeté les arguments des plaignants. Ils avaient alors deux mois pour se pourvoir ou non en cassation, chose qu’aucun ne fera.

Si Unibail-Rodamco qui mène ce projet en a fini avec la justice, tout n’est pas pour le moins réglé et pour cause. Le groupe du CAC 40 devra régler le problème de la passerelle provisoire. Fin décembre 2011 Jacques Kossowski, le maire de Courbevoie avait, dans un courrier, renvoyé dans les cordes Unibail-Rodamco en lui demandant de revoir sa copie concernant le projet de passerelle suspendue équipée d’escalators et d’ascenseurs pour créer une passerelle provisoire de plain-pied. Sans cet accord avec la mairie de Courbevoie, Unibail-Rodamco ne pourra lancer les travaux. En effet si la tour Phare est implantée sur le territoire de Puteaux, l’actuelle passerelle de plain-pied construite en 2007 après plusieurs années de retard, reliant La Défense au Faubourg de l’Arche en enjambant le boulevard circulaire, devra être détruite durant les travaux de la tour. Afin de ne pas manquer aux quelques 30 000 personnes qui l’empruntent chaque jour, un équipement provisoire devra obligatoirement être mis en place. Installée sur les deux communes : Puteaux et Courbevoie, cette passerelle provisoire nécessite l’accord du maire de Courbevoie et Puteaux. Et quatre ans après le maire de Courbevoie n’en démord pas, pire il ne veut même plus entendre parler d’une passerelle provisoire, même de plain-pied. « Je suis contre cette tour, je veux que l’on conserve la passerelle actuelle » nous confie Jacques Kossowski qui affirme ne pas mener cette opposition à des fins électoralistes « Je ne me représenterai pas aux prochaines municipales ni aux législatives ».

Et l’élu n’est pas le seul à voir Phare d’un mauvais oeil. Son homologue Patrick Jarry, le président de l’Epadesa et maire de Nanterre n’avait pas caché son opposition au projet en nous déclarant lors du Simi en décembre dernier « Il n’y a pas de place pour un tel monstre ».

Le permis du projet reste valable deux ans et pourra être prolongé une seule fois pour un an. Il reste donc trois ans au groupe immobilier pour régler ses déboires, reprendre ses études, lancer les marchés et surtout prendre la décision de construire ou non ce mastodonte.