La plus énigmatique des tours de La Défense va bientôt entamer sa mue. Après la cession par Carlyle de la tour Aurore au groupe Aermont, le nouveau propriétaire a choisi d’abandonner le projet de la tour Aire 2 au profit d’une vaste restructuration du gratte-ciel vidé de ses locataires depuis la fin des années 90.

Le fonds anglais anciennement connu sous le nom de Perella Weinberg Real Estate puis PW Real Assets a enfin entrepris la métamorphose de ce building au look des années seventees en démontant progressivement depuis l’été dernier sa façade si particulière. Alors que depuis une bonne décennie et après les difficultés de l’ancien propriétaire à mener à bien le projet de la tour Aire 2 face à de sérieux recours, le doute persistait sur l’avenir d’Aurore, aujourd’hui l’avenir s’éclaircit.

Le projet de restructuration de la tour Aurore a été confié par Aermont à l’architecte Jean-Paul Viguier – Image extraite du permis de construire / Jean-Paul Viguier / Aermont

C’est finalement une vaste restructuration que va connaitre Aurore qui gagnera en prime quelques étages. Confié au célèbre architecte français Jean-Paul Viguier -à l’origine de la construction de Coeur Défense-, la mue d’Aurore érigée dans les années 70 fera passer la tour de 28 à 33 étages, soit 123 mètres de hauteur (depuis la place des Reflets) faisant gagner environ 13 500 mètres carrés au building et son pavillon qui totalisera 37 000 mètres carrés de surface de bureaux (38 855 mètres carrés en tout).

Un objectif de métamorphose pour 2021

La nouvelle façade conservera l’esprit bien particulier d’Aurore avec ses vitres orangeâtres et ses acrotères en relief. Le nouveau cladding adoptera ainsi un voile de verre plus largement vitré avec des allèges en aluminium horizontaux gris clair. Au pied de la tour le bâtiment d’un étage de l’ancienne agence BNP sera lui entièrement détruit et laissera sa place à un pavillon de huit niveaux. Conçu comme une « lanterne » il intégrera une offre de coworking, un business center avec un auditorium et des espaces commerciaux et de restauration à son socle. Sa façade sera habillée de brise-soleil vertical de 60 centimètres de profondeur. La tour Aurore et le pavillon seront reliés l’un à l’autre par une sorte de rue intérieur qui fera office de hall d’accueil commun. Les toits des deux bâtiments seront eux partiellement accessibles à leurs usagers.

Le pavillon au pied d’Aurore abritera notamment des espaces de coworking – Image extraite du permis de construire / Jean-Paul Viguier / Aermont

Cette seconde version d’Aurore sera aussi l’occasion d’améliorer la couture entre Courbevoie et la dalle de La Défense. Comme avec le projet de la défunte tour Aire 2, deux nouvelles liaisons doivent être créées : l’une depuis la place des Reflets et la seconde depuis celle de l’Iris pour arriver sur la placette Alexandra David-Néel, au pied de la tour D2.

Mais avant d’enclencher définitivement son projet qui pourrait si tout va bien, aboutir pour la mi-2021, Aermont doit croiser les doigts pour qu’aucun recours ne vienne s’opposer à son permis obtenu le 5 février dernier par la ville de Courbevoie, lieu d’implantation d’Aurore. Et si des difficultés émanant de ses voisins venaient à venir s’interposer à cette nouvelle version d’Aurore, Aermont a d’ores et déjà prévu un projet alternatif, bien plus modeste. Celui-ci consistera en une simple rénovation de la tour existante et de son immeuble attenant. Une alternative qui ne nécessitera alors aucun permis de construire mais une simple déclaration préalable en mairie pour le changement de façade, rendant la contestation d’un tiers plus difficile.

Le projet de restructuration d’Aurore pourrait aboutir si tout va bien à la mi-2021 – Image extraite du permis de construire / Jean-Paul Viguier / Aermont