Interview de Bernard Romain, directeur de l’EPGD

Bernard Romain

En janvier 2009, l’EPGD (Etablissement de Gestion de La Défense) entre officiellement en fonction, remplaçant la mission d’animation et de gestion de La Défense qui incombait jusqu’alors à l’EPAD (Etablissement d’Aménagement de La Défense). Début 2010, l’EPGD devient Defacto, le site ladefense.fr changera de look et le magazine Détour deviendra Defactomag. Un an après sa création, Bernard Romain son directeur répond à nos questions :

La Défense a été classée en janvier 2009, zone touristique: quelles sont les améliorations apportées par l’EPGD ? quelles incidences pour le futur ?

Aujourd’hui on travaille sur plusieurs sujets; on a ouvert le musée-point infos de La Défense 7 jours sur 7, c’est une première réalisation concrète ; on a participé également à l’opération « Paris vous Sourit » visant à promouvoir Paris et La Défense : cela on va le développer en accueillant un kiosk plus important l’été prochain et puis dans le même temps on travaille sur un parcours touristique avec un renforcement de l’audio-guide (mise en place d’application pour Iphone et smart phone) de reconnaissance visuelle selon le principe de la réalité augmentée. Cette application permettra en présentant son téléphone de reconnaitre une œuvre avec un message vocal et vidéo, et de disposer d’un petit commentaire ; je ne garantis pas que le temps sera gratuit, nous sommes entrain de travailler avec un développeur, mais l’idée c’est ça. On réfléchit également à une réimplantation de l’espace Raymond-Moretti ; on regarde si l’on ne peux pas avoir quelque chose de plus intelligent avec le musée-point infos, en retravaillant la présentation et la mise en scène des œuvres.

La Défense a trop souvent une réputation de quartier « Peu vivant » ; quel projet souhaitez vous mettre en place pour lui redonner de la vie ? 

Dans la journée le quartier est plutôt actif, certains disent même qu’il est « hyper-actif » en revanche en fin de journée c’est un peu plus difficile. En fin de journée , il faut trouver les occasions de garder quelques uns des salariés du territoire; leurs fournir des activités sur le site; certaines existent déjà, mais elles ne profitent pas nécessairement à la vie du site : quand les gens sont à l’UGC Ciné Cité ou dans les Quatre Temps, ils sont présents mais ça ne profite pas forcement à l’animation du site de La Défense. Il faut donc créer des occasions de flâner dans un lieu agréable. Le travail que l’on fera à terme sur la lumière, l’éclairage devrait être de nature à entraîner cette flânerie, cette promenade. Mais c’est également un travail à mener avec les restaurateurs: il faut qu’ils jouent le jeu, certains commencent à le jouer; la vie c’est le commerce et la vie c’est la restauration: mais il y a un problème: les cafés et les restaurants qui font l’essentiel de leur activité cinq jours par semaine et sur le repas du midi, pourquoi feraient- ils l’effort d’ouvrir les soirs et les week-end ? là il y a un travail de persuasion… Les gens des jeunes générations qui quittent le bureau qui n’ont pas à aller chercher un enfant à la crèche ou qui n’ont pas à rejoindre leur compagne, trainent un peu sur le site et pratiquent « l’after work » avec leurs collègues et amis dans les bars du quartier. On ne passe pas du blanc au noir rapidement, il faut faire un travail sur de nombreux mois, mais les choses évoluent, on prend des initiatives; pour l’instant elles n’ont pas eu un trop grand succès mais il faudra installer des rendez-vous musicaux… Notre idée serait de créer une chorale à La Défense où des centaines de choristes se produiraient en fin de journée sur les marches de la Grande Arche au début de l’été.

Quelles sont les prochains événement attendus dans l’année 2010 ?

On espère pouvoir réaliser une grosse opération avec Marc Cerrone, c’est une opération qui devrait pouvoir se tenir au tout début de l’été. Ce serait quelque chose de tout à fait spectaculaire, un concert à la fois symphonique et synthétique. Defactomag en parlera, il y aura d’ailleurs une interview de Marc Cerrone dans le prochain numéro.

Des habitants souhaiteraient qu’un marché se déroule chaque semaine sur l’Esplanade, cela est il envisageable ? 

Cela fait partie des éléments d’animations possibles ; on avait répondu positivement à des organisations professionnelles d’agriculteurs; cela avait été un vrai succès. Aurait-on le même succès si c’était toutes les semaines ? cela reste aujourd’hui à confirmer, mais cela pourrait être un élément intéressent pour les salariés et les habitants.

Les escalators et les ascenseurs: l’un des véritable points noirs de La Défense : les projets de remplacement répondront t-ils aux attentes des Défensiens ? 

Oui, clairement, on a des appareils qui étaient morts, qui ont pour certains dépassé 5 à 10 ans (la durée de vie maximale donnée par les spécifications techniques). Quand vous avez des appareils neufs qui sont prévus pour l’extérieur avec des contrats de maintenance et d’assistance pénalisant pour le mainteneur, cela doit marcher ! la situation ne peut que s’améliorer.

La signalétique, premier projet mis en place par l’EPGD sera-t-elle mise en place pour le début 2010 ? 

Début 2010, non sûrement pas, on parle plutôt du second semestre 2010, avec un objectif prioritaire: la signalisation routière pour la rentrée scolaire 2010

Le mobilier urbain devenant vieillissant sera t-il remplacé ? 

Oui, cela fait partie des chantiers : mobilier urbain, mobilier d’affichage publicitaire et du plan lumière. On y travaille avec des concepteurs; l’idée ce serait d’avoir un mobilier avec une ligne un peu spécifique. L’éclairage publique date…. on a une déperdition d’énergie phénoménale, nous avons des zones non couvertes et qui ne répondent pas aux besoins. Le cas de l’Esplanade, la partie centrale est parfaitement éclairée, mais le long des façades c’est noir, la nuit, les gens n’utilisent pas la partie centrale, mais circulent le long des murs. Il faut une lumière plus écologique et mieux adaptée. On pourrait imaginer une organisation de l’éclairage privé des bâtiments pensée avec les gestionnaires de tours.

De nombreuses villes s’équipent de caméras de surveillance face à l’insécurité dont elles sont victimes: Quel est l’équipement de l’EPGD dans ce domaine ? 

Non seulement celui de l’EPGD, mais aussi celui de l’ensemble des opérateurs. Dans le cadre du plan global de sécurité on consolide l’ensemble de l’équipement public de l’EPGD, des parkings SEPADEF de La Défense, des Quatre Temps, du CNIT, de la RATP,… Il y a à peu près un millier de caméras qui existent à La Défense. L’EPGD est dans un cadre de renforcement, de déploiement pour avoir une couverture totale du site dans une démarche renvoyant à de la vidéo protection et pas seulement à de la surveillance. Jusqu’alors la surveillance était tournée sur les équipements techniques : escalators, ascenseurs,…

En septembre 2009, il n’y a pas eu le traditionnel spectacle pyrotechnique organisé au paravant par l’EPAD ; En est-il prévu un en 2010 ? 

Non, non c’étaient des événements trop éphémères et trop coûteux.
Quel est le budget annuel de l’EPGD ? 

Le budget annuel est d’environ 50 millions d’euros qui se répartissent entre une trentaine de millions pour le fonctionnement et 20 millions pour l’investissement.

Un an après sa création l’EPGD change de nom, est-ce bien nécessaire ?

C’était souhaité par beaucoup, et notamment par le président de l’EPGD (Patrick Devedjian). Ce n’était pas très joli, alors quand ont dit changer de nom, on s’appellera toujours EPGD ce nom il est inscrit dans la loi. Mais on a trouvé un logo et un acronyme qui soient un peu plus sympathiques, c’était l’objectif recherché : celui qui a été retenu c’est « Defacto » c’est un clin d’œil : Def = Défense et Acto = action.

Aujourd’hui, quel bilan tirez-vous de cette année de fonctionnement de l’EPGD ? 

Les chantiers sont nombreux et lourds. L’EPGD est attendu…. c’est à la fois enthousiasmant et aussi fatiguant car il faut pouvoir apporter des réponses immédiates à des problèmes qui n’ont pas été résolus pendant des années ; la pression est forte. Evidement on ne répondra pas à toutes ces attentes en quelques mois ou quelques années, mais de nombreux chantiers sont engagés ; maintenant l’Etablissement est sur les rails. Il y aura des chantiers visibles et il y a tous les sujets sur lesquels on travaille dans la discrétion : le vélo, le mobilier.