La Cour des comptes demande une clarification sur le financement de la rénovation de La Défense

Dans son rapport annuel, la Cour des comptes demande à l’Epadesa une clarification sur le financement du programme de rénovation de La Défense.

La Cour des comptes, rue Cambron à Paris - Défense-92.fr

L’Epadesa est de nouveau dans le viseur de la Cour des Comptes. Dans son rapport annuel, publié le mercredi 11 février, la juridiction financière demande aux pouvoirs publics et à l’Epadesa, l’établissement public d’aménagement de La Défense Seine-Arche de clarifier « rapidement » « l’incertitude » qui règne sur « l’ampleur et la répartition du coût de la remise en état » du quartier. La Cour demande des éclaircissements sur le financement de la rénovation du quartier. Depuis 2006 l’Epad, devenu l’Epadesa a entrepris un important programme de rénovation du quartier d’affaires né au début des années 60. Le chantier est titanesque : tunnels et sous-sols, étanchéité, mise aux normes des différents réseaux,….

Depuis la loi du 27 janvier 2014, l’aménageur est devenu l’unique propriétaire des infrastructures et des équipements du quartier tandis que Defacto, l’établissement de gestion de La Défense en a la gestion. Avant le vote de cette loi, seul l’Epadesa devait supporter les coûts de rénovation, mais depuis les cartes ont été redistribués posant ainsi la question de la répartition du financement. La Cour estime que malgré la nouvelle assise légale aux deux établissements publics « la réponse à la question du financement n’a pas été apportée ».

L’Epadesa avait chiffré les dépenses à 351 M€ dans ses perspectives financières de 2012 à 2020 dont 124 M€ pour la remise à niveau des équipements publics, 58 M€ pour les parkings et 157 M€ pour les tunnels (Hors tunnel de l’autoroute A 14) . Sauf que l’aménageur ne pourra pas tout financer. Les revenus qu’il dégage avec les opérations des ventes des droits à construire ne suffiront pas. Resteraient alors plus de 200 M€ de travaux sur certains équipements publics, dont les tunnels, qui ne pourront être supportés sauf à « remettre en cause son modèle économique » estiment les magistrats de la rue Cambron.

Defacto renvoie, dans sa réponse la balle à l’Epadesa. Le gestionnaire du quartier rappelle ses faibles moyens financiers et que l’Epadesa, « responsable » d’une « gestion passée défaillante », doit « assumer » les coûts de rénovation. L’aménageur estime lui que les recettes associées aux opérations d’aménagement ne couvrent que 45 millions d’euros sur 150 millions nécessaires.

La Cour des comptes estime par ailleurs que le quartier de La Défense manque d’une « vision d’avenir commune entre l’Etat et les collectivité territoriales » et recommande la création d’un document stratégique pour les dix à quinze ans.

Longtemps critiqué pour sa gestion interne, la Cour salue une gestion interne plus rigoureuse de l’Epadesa. « La Cour avait relevé que des augmentations de salaire très généreuses au regard de l’évolution de leurs fonctions et responsabilités étaient accordées à des cadres et dirigeants en cours de carrière. Pour prévenir de telles dérives, l’établissement applique désormais aux cadres et aux directeurs les mêmes plafonds d’augmentation salariale que ceux s’appliquant aux autres catégories de salariés de l’établissement. Cette règle a été formalisée dans le cadre de la négociation annuelle obligatoire en 2013 et introduite dans le statut des agents » explique la Cour qui salue la politique de réduction des dépenses de communication et de représentation, engagée en 2012. Un point qui devrait ravir, Patrick Jarry, l’actuel président de l’Epadesa et maire de Nanterre qui avant sa prise de fonction à la présidence avait à de très nombreuses reprises, dénoncé la gestion de l’établissement alors présidé par son homologue Joëlle Ceccaldi-Raynaud.

 

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