La colère monte chez les commerçants de la Coupole

Un mannequin "pendu" en signe de protestation à la galerie de la Coupole

Un mannequin faisant office de « pendu » à l’entrée de la galerie, des banderoles hostiles à l’EPAD (devenu EPADESA) accrochées sur les vitrines,… les commerçants et restaurateurs de la galerie de Coupole s’organisent face au décret imposant la fermeture de celle-ci.

La fermeture de la galerie de la Coupole et de la quarantaine de commerces était prévue pour le 30 Juin 2010 pour des travaux de rénovation et de désamiantage. Les commerçants et restaurateurs auraient donc dû percevoir les dédommagements prévus par l’EPAD et la Foncière Immobilière Bordelaise avant l’ultimatum de la fermeture; mais à ce jour aucun n’a reçu le moindre centime explique les commerçants.

Face à la construction des murs destinés aux passages des PMR et parkings publics durant les travaux bloquant par ce fait l’accès aux commerces, la colère, la grogne et la tristesse montent. « On nous emmure vivants à la Coupole; il y a un bout du mur Berlin, ancien mur de la honte… aujourd’hui l’EPAD en construit un nouveau » explique Claude Topino propriétaire de trois commerces dans la galerie « Nous demandons dans un premier temps pour quitter les lieux de percevoir 30% des indemnités fixées par les experts mandatés par le tribunal afin de procéder aux licenciements de nos salariés, de rembourser les crédits en cours,… […] Mr Bergeras, expert de l’EPAD propose le prix du m² a 2 500 € autour de la place, alors qu’au même endroit il y a 3 ans une vente s’est réalisée au prix de 5 000 €/m². La Défense, seul quartier d’affaire au monde ou le prix du m² est divisé par deux en 3 ans !  » poursuit-il. « Je ne veux pas attendre des années la seconde partie des dédommagements » explique un autre commerçant qui veux toucher 100% de ses indemnités en une seule fois.

« Aujourd’hui nous sommes bien conscients de la nécessité d’une fermeture car nous sommes les premiers exposés au danger en cas d’incendie ou de tout autre sinistre. Mais pourquoi cette fermeture provoquée par l’indifférence de l’EPAD entraine aujourd’hui notre expropriation ? Nous avons bien- sûr compris : L’EPAD a voulu chercher un repreneur pour se désengager du problème, l’EPAD savait qu’ elle était en faute depuis 2006 car déjà ces travaux auraient dû être terminés, l’EPAD a commis une grosse erreur en vendant les murs des commerces de ce centre mais pas les parties communes; l’EPAD nous a anesthésiés en nous menant en bateau en nous menaçant à différentes reprises et surtout aujourd’hui elle continue d’avancer ;elle emmure nos commerces » déclare Sébastien Douarche, propriétaire de la boutique de photo.

« J’ai peur que certains propriétaires des commerces qui sont sous anti-dépresseurs fassent des tentatives de sucide » craint Claude Topino. « Nous sommes dans une situation intolérable, c’est illégal ce que fait l’EPAD, nous sommes chez nous ! l’EPAD bloque nos accès, nous avons fait valoir auprès du commissariat de police de La Défense plusieurs voies de fait » sur un restaurateur.

Les commerçants et restaurateurs expliquent avoir reçu le soutien de trois des membres du conseil d’administration de l’EPAD à savoir Patrick Devedjian (président des Hauts-de-Seine et de Defacto), Jacques Kossowski (maire de Courbevoie) et Patrick Strzoda (préfet des Hauts-de-Seine) mais aussi de très nombreux salariés des tours Areva et Total et des habitants du quartier.

Dans un courrier daté du 24 juin 2010, adressé à Michel Ohaayon président de la Foncière Immobilière Bordelaise repreneur de la galerie de la Coupole, Jacques Kossowski lui exprime sa colère en parlant de procédé « inadmissible » parlant de l’angoisse des commerçants.