Les vélos (à nouveau) bienvenus sur la dalle de La Défense

Ils sont officiellement bannis de la dalle de La Défense depuis les années 90. Les vélos sont à nouveau autorisés à circuler à La Défense, mais attention sous certaines règles.

Un cycliste sur le Parvis de La Défense - Defense-92.fr

Officiellement bannis de la dalle, les vélos peuvent désormais revenir à La Défense. Defacto vient de lancer ce lundi 13 avril une expérimentation de cinq mois pour autoriser les vélos à circuler dans le quartier. Car tout le monde ne le sais pas, mais les vélos n’étaient plus les bienvenus sur toutes les dalles du quartier.

C’est à la suite de plusieurs accidents dont un grave survenu dans les années 90 que les vélos n’étaient plus autorisés à circuler sur l’ensemble de la dalle de La Défense. Une interdiction venant des deux communes sur laquelle est implantée La Défense. Deux arrêtés municipaux avaient été pris, le 4 avril 1996 par la mairie de Puteaux et le 22 juillet 1999 par la mairie de Courbevoie. Depuis, malgré cette interdiction ignorée par certains et largement bafouée par les autres, les cyclistes continuaient à pédaler, souvent à grande vitesse sur l’Esplanade de La Défense. Une vitesse qui est à l’origine des accidents. D’une part en raison de collisions avec des piétons, car oui, La Défense est une zone entièrement piétonne et de ce fait les passants sont moins attentifs à l’environnement du fait notamment de l’absence de voitures. Mais c’est surtout les matins, midis et soirs ou les dizaines de milliers de salariés déambulent dans le quartier que les vélos slaloment, parfois dangereusement entre les piétons. Et parfois, ça cogne ! La seconde raison est plus technique et a causé le dernier grave accident en date. Le 5 juillet 2007, un cycliste s’est grièvement blessé après une chute, la roue avant de son vélo s’étant coincée entre deux dalles du parvis, provoquant un vol-plané. Les dalles du parvis ne sont en effet pas collées les unes aux autres, mais séparées par des interstices pouvant atteindre parfois 2,5 cm, soit le diamètre de certaine roues de vélo.

Malgré ces deux arrêtés municipaux affichés un peu partout dans le quartier, les vélos continuaient depuis toujours à circuler à La Défense. Il faut dire que ni les policiers municipaux de Puteaux et Courbevoie ni la police nationale n’ont vraiment verbalisé les récalcitrants.

Face à ce constat, l’établissement de gestion de La Défense, Defacto a souhaité redonner une chance aux cyclistes avec cette expérimentation. Mais attention pas question de transformer La Défense en un vélodrome géant. La priorité est aux piétons. Les pilotes de bicyclettes doivent rouler au pas et ne pas utiliser les escalators et ascenseurs pour grimper sur la dalle. Il faut utiliser les escaliers classiques. Defacto qui recommande fortement le port du casque demande en outre aux cyclistes de se méfier de la topographie du site et des interstices entre les dalles.

L’expérience va-t-elle convaincre les cyclistes de ralentir et d’être plus prudents, Marie-Célie Guillaume, la directrice de Defacto veut y croire « Je ne sais pas se que ça va donner, mais je suis confiante » explique t-elle, en précisant que 66 % des piétons sont favorables à la circulation des vélos mais à condition d’une sensibilisation à la sécurité. « Il y a une attente des salariés et des entreprises » estime t-elle en jugeant que de nombreux vélos circulent parfois « trop vite » et admet qu’il y a une tolérance depuis des années.

Et les premiers concernés qu’en disent-ils ? Christophe Cavallier, président d’un club VTT à Courbevoie, qui habite à Nanterre et utilise son vélo tous les jours pour se rendre à son travail à Paris juge cette que expérimentation est « une bonne idée » et ne comprend pas vraiment l’interdiction. « Ce n’est pas parce qu’ il y a eu des accidents qu’il faut interdire les vélos » pense t-il. Et malgré son comportement qu’il estime « non dangereux » et son équipement (casque, lumières,…), ce passionné de vélo explique avoir été déjà arrêté trois fois par la police, pour se faire notifier l’interdiction, sans toutefois être verbalisé. Il admet en revanche que certains cyclistes ont un « comportement dangereux » sur la dalle de La Défense. « J’inculque aux 80 jeunes de mon club le bon comportement a adopter à vélo » poursuit-il en les obligeant notamment à porter le casque.

Fervent défenseur du vélo à La Défense depuis toujours, André Fessy, le président de l’association Village se félicite de cette nouvelle « C’est une bonne chose, c’est reconnaitre ce qui existe » estime t-il en ironisant « Les cyclistes n’ont pas attendu l’autorisation de l’usage du vélo, pour se rendre à La Défense. »

Pour David, un salarié de la Société-Générale cette expérimentation « Ce n’est pas trop tôt ». Ce cycliste qui fait quotidiennement le trajet de La Défense à Nation pour ensuite prendre le RER A afin de se rendre à son domicile à Marnes la Vallée –quand il fait beau, il explique même faire le trajet entièrement à vélo– trouve le boulevard circulaire « trop dangereux » plus particulièrement au niveau du Pont de Neuilly et préfère rouler sur la dalle en estimant être prudent et faire attention aux piétons. Le danger des interstices entre les dalles, il le connaît, et avoue avoir failli en être victime, mais il a surtout vu un de ses amis chuter lourdement après que sa roue se soit bloquée entre deux dalles.

Lui est toute la journée sur son VTT. Mathieu qui est coursier à vélo pour la société Novéa depuis un an connaît bien La Défense qui est son secteur de travail. « Je fais attention aux piétons » assure t-il en estimant qu’il ne pédale pas à vive allure.

Pour accompagner cette expérimentation, Defacto a déployé un important dispositif de communication et de sensibilisation. Affichages, flyers accrochés sur les vélos,… le message de la prudence va être affiché un peu partout durant les cinq mois. Durant les premiers jours trois comédiens iront à la rencontre des piétons et cyclistes pour leur faire adopter les nouveaux comportements. « Ils ne pourront plus dire (ndlr, les cyclistes) qu’ils ne savent pas » affirme Marie-Célie Guillaume.

Durant cette expérimentation, les usagers peuvent signaler tout problème sur ce changement de règles d’usage : problèmes de comportements, accidentologie,… en se rendant sur cette page www.ladefense.fr/defacto-vu-formulaire ou en appelant ce numéro 0 811 389 292.

Afin de lever l’interdiction, les mairies de Puteaux et Courbevoie ont suspendu jusqu’au 13 septembre, date de la fin de l’expérimentation, leurs arrêtés respectifs. Si les cyclistes jouent le jeu, le vélo pourrait enfin être de nouveau admis « officiellement » et durablement à La Défense. Réponse en septembre prochain…

Plan d'accès et stations vélos - Defacto

Plan d’accès et stations vélos – Defacto