La tour Lumière Cybernétique

La tour Lumière Cybernétique

Prévue pour être située à environ 2 km de La Défense en bordure de l’autoroute Paris St-Germain, la Tour Lumière Cybernétique était un projet  artistique du peintre sculpteur Nicolas Schöffer. Il devait sortir de terre au début des années 1970.

Constituée d’une structure complexe à ossature d’acier inoxydable, la tour devait mesurer selon les versions entre 324 mètres et 347 mètres de hauteur. Des hygromètres, thermomètres, anémomètres, cellules photo-électriques et micros devaient être placés le long de sa structure, répartis sur sept plates-formes. Un dispositif de 3 226 projecteurs de couleur (rouge, orange, jaune, violet, bleu, et blanc) et 2 000 flashs électroniques devaient illuminer la tour. A cela s’ajoutaient 330 miroirs tournants de 40 m² et 32 hélices complétant l’effet au niveau mécanique, le tout actionné par un ordinateur central. Pour accéder à la tour et profiter de la mise en lumière, une passerelle d’accès vers celle-ci devait traverser l’autoroute et le RER A et aboutir au niveau de son socle qui renfermait des parkings et l’ordinateur central.

Ses sept plateformes illuminées, devaient être réparties de la manière suivante:

  • Au 1er: L’orientation « électronique » des visiteurs vers les différents niveaux de la tour.
  • Au 2e: L’auditorium à jeu d’orgue lumineux.
  • Au 3e: Un club de découvertes pour les jeunes etc…
  • Au 4e: Une salle de conférence.
  • Au 5e et 6e: Un service de restauration avec jardins suspendus et plate-forme d’observation.
  • Au 7e: 12 projecteurs à faisceau, d’une portée de 2 km.

L’ouvrage se voulait être une immense station météo et d’information. Avec des jeux lumineux, la tour devait donner la météo,  les informations trafic, le taux d’humidité, les cours de la bourse,…

La tour fut inventée à l’occasion d’une exposition dans une galerie parisienne en 1963. Il faudra attendre 1970 pour que la version définitive soit présentée.

Très appréciée  par le public, la maquette de la tour installée au Point M de La Défense en 1990 avait reçu un très bon accueil et notamment à l’étranger.

Nicolas Schöffer considérait qu’elle existait « virtuellement » du fait de l’accomplissement parfait de tous les travaux préliminaires des diverses entreprises constituées en Société Civile de Construction et d’Exploitation. Le Général de Gaulle l’avait acceptée, le Président Georges Pompidou donnait la garantie de l’État… Et la presse du monde entier avait longuement commenté le projet et diffusé des interviews et photos…

Les responsables de la tour Lumière Cybernétique espéraient attirer 15 000 visiteurs. Le coût du projet était estimé à 70 millions de francs soit environ 10 671 000 €.

En raison de ce coût important, le projet sera repoussé au début des années 90. La mort de Georges Pompidou qui  appuyait le projet entrainera son abandon.

Après les attentats du 11 septembre 2001, le sculpteur Nicolas Schöffer proposa son projet à New-York. La Tour Lumière Cybernétique de New York, réalisée en tubes d’acier de section carrée de 2 m de côté, devait avoir une ossature aérée de 307 m de hauteur et une envergure moyenne de 59 m. Elle comportait sept plateformes ouvertes au public. Sa forme était asymétrique et rythmée. Entre ses 200 bras parallèles orientés dans les quatre directions orthogonales, 114 axes tournants devaient être installés sur lesquels étaient fixés 363 miroirs en acier inox poli, qui à l’arrêt comme en mouvement, projetaient dans l’espace environnant un grand nombre de faisceaux lumineux réfléchis ou rétro réfléchis. Tout comme à La Défense ce projet ne restera qu’un rêve.

Une version de cette tour, haute de 56 m, se trouve aux abords immédiats du palais des congrès de Liège en Belgique.

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