Tour Hermitage Plaza

Le projet Hermitage Plaza

C’est à l’occasion du concours de la tour Signal que le public découvre le projet des tours Hermitage Plaza. Le groupe russe Hermitage propose avec l’architecte français Jacques Ferrier, deux tours reliées au premier quart formant un grand « H ». Au sommet les deux tours sont également reliées par deux passerelles. Le projet de 309 mètres de haut prévoit de développer sur 250 000 m² des bureaux, logements, commerces et hôtels.

Le promoteur russe annonce  sa volonté de maintenir son projet malgré sa défaite au concours de la tour Signal. Mais à cause d’un désaccord, entre l’architecte Jacques Ferrier et Hermitage, les deux parties décident de cesser leur collaboration. Le projet fut, par la suite, confié à l’architecte britannique Norman Foster qui a présenté le nouveau programme le 11 mars 2009, sur le stand de l’EPAD durant le MIPIM (Marché international des professionnels de l’immobilier) qui se tenait à Cannes.

La nouvelle version du projet prévoit deux tours jumelles torsadées de 320 mètres de haut (un mètre de moins que la Tour Eiffel) accompagnées de trois bâtiments à leurs pieds et d’un centre commercial de luxe. Une modification est par la suite apportée, un quatrième bâtiment venant s’y ajouter. La tour sud doit totaliser 86 étages et la tour nord 85 étages.

 

Le programme prévoit :

  • des logements “haut de gamme” dans la partie haute des deux tours
  • une résidence étudiante dans l’un des quatre bâtiments
  • un hôtel 5 étoiles de 201 chambres dans la partie basse de la tour sud
  • des restaurants ;
  • des bureaux dans la partie basse de la tour nord et dans l’un des quatre bâtiments
  • des commerces au pied des deux tours
  • deux grands auditoriums ;
  • une salle polyvalente de concerts de 1 300 places;
  • une galerie d’art dans l’ un des quatre bâtiments
  • deux spas avec piscines dans les tours

 

La répartition de la surface du projet :

  • Logements (dont une résidence étudiante) : 170 000 m2;
  • Hôtel : 40 000 m2
  • Bureaux : 40 000 m2
  • Commerces et équipements : 30 000 m2

Selon le PDG du Groupe Hermitage, Emin Iskenderov, la construction des tours jumelles est estimée à 2 milliards d’euros. Le financement de la construction se répartit comme suit :

  • 250 à 300 millions d’euros investis en fonds propres par le promoteur Hermitage
  • 700 millions d’euros d’emprunts aux banques
  • 1 milliard d’euros liés à la commercialisation des logements pendant la construction.

 

Le prix de vente des logements est estimé par Hermitage à 12 000 €/m2

Un protocole intentionnel, préalable au permis de construire, a été signé entre Hermitage et l’EPAD le 19 juin 2010 à Saint-Pétersbourg en présence des présidents Dimitri Medvedev et Nicolas Sarkozy.

Une enquête publique se déroule du 12 septembre 2011 au 12 octobre 2011 à la marie de Courbevoie mais aussi à celle de Neuilly, compte tenu de l’impact du projet sur cette dernière ville.

Trois demandes de permis de construire sont déposées :

–          Une, pour un immeuble de très grande hauteur (ITGH) de 320 mètres NGF, Hermitage Plaza Sud, immeuble à usage principal d’habitation comprenant des logements, un hôtel et des services associés, d’une surface hors œuvre nette nouvelle de plancher de 111 823 m²

–          Une, pour un immeuble de très grande hauteur (ITGH) de 320 mètres NGF, Hermitage Plaza Nord, immeuble à usage principal d’habitation comprenant des logements, des bureaux et des services associés, d’une surface hors œuvre nette nouvelle de plancher de 106 178 m²

–          Et une,  pour des bâtiments Hermitage Plaza Ouest, immeubles à usage principal de commerces comprenant commerces, bureaux, galerie d’art, auditorium, logements étudiants et services associés, d’une surface hors œuvre nette nouvelle de plancher de 41 211 m².

 

 

Malgré l’obtention des permis de démolir, la 8ème chambre du TGI de Nanterre prononce en octobre 2011 l’interdiction des démolitions des Damiers Infra, Bretagne et Anjou sans qu’un accord soit trouvé entre Hermitage et les autres membres de l’association de l’ASL (Association de Syndicat Libre),et cela sous peine d’une amende de 500 000 euros par infraction constatée.

Le TGI a ainsi donné raison aux syndicats de copropriétaires du Damier de Champagne et du Damier du Dauphiné, qui l’avaient saisi en référé. Ces deux résidences ne sont pas menacées de démolition, contrairement aux trois immeubles locatifs des Damiers, mais les copropriétaires s’inquiètent d’une “hausse considérable des coûts de fonctionnement des équipements collectifs”( jusque-là partagés par tous)  qu’entraîneraient les démolitions pour les habitants restants. L’ASL réunit en outre Axa le propriétaire des immeubles abritant les hôtels Ibis, Novotel, Fraser suites et Citadines et Logis Transport toujours propriétaire des Damiers Infra, Anjou et Bretagne.

Le 8 mars 2012, lors du MIPIM à Cannes, le PDG du groupe Hermitage annonce avec joie l’obtention du permis de construire, la date d’achèvement des travaux est désormais envisagée pour fin 2018.

Le projet divise rapidement, certains y voient un formidable projet pour le quartier de La Défense mais plus généralement pour la France mais d’autres s’opposent farouchement  et le dénoncent. Les critiques et l’opposition viennent principalement de certains habitants des résidences des Damiers Infra, Bretagne et Anjou qui doivent disparaître pour faire place au projet. L’association d’habitant Vivre à La Défense est crée en février 2003 tandis que l’association et La Défense des Damiers est crée en 2008.

Des riverains réunis à travers l’association, Vivre à la Défense, contestent la vente des Damiers de Axa à Logis Transports. Elle mène une bataille juridique intense et dénonce des irrégularités juridiques, par exemple dans certains contrats du propriétaire actuel des Damiers, Logis Transport.

Le promoteur Emin Iskenderov a assigné l’association Vivre à La Défense, en raison selon selon du “harcèlement juridique” et du coût né du retard des travaux, qu’il estime à 8 millions d’euros. Vivre à La Défense, explique que ses recours ne sont faits que pour se défendre. Même si le promoteur Hermitage n’est pas encore le propriétaire des bâtiments, il s’associe activement à Logis Transport (le propriétaire actuel, filiale de la RATP) pour reloger les habitants des trois résidences Damiers Infra, Anjou et Bretagne. Hermitage, avait proposé 5 000 euros d’indemnité et la prise en charge du déménagement à certains anciens locataires des Damiers (plusieurs ont accepté). Une partie des locataires est relogée dans la résidence Neuilly Défense.

Le PS de Courbevoie s’oppose aussi vigoureusement au projet, Jean-André Lasserre le chef de file PS du groupe d’opposition à Courbevoie s’en prendra régulièrement à Emin Iskenderov, le président d’Hermitage. Jean-André Lasserre sera même condamné en justice pour des propos  tenus dans une interview sur le site Capital.fr. Il avait déclaré « des sulfureuses tours de La Défense » et « les tours Hermitage s’appuient désormais sur les pires méthodes des promoteurs voyous ».

Toujours à l’occasion du Mipim, Emin Iskenderov annonce lors de l’édition de 2012 avoir trouvé un accord financier avec une grande banque Russe sans toutefois préciser son nom.

En octobre 2013, Hermitage annonce avoir trouvé un accord avec les copropriétaires de la résidence Champagne et Dauphiné. L’accord porte notamment sur la prise en charge par Hermitage du ravalement des façades des deux résidences.

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