Tour CB 21

La tour CB 21

Si jusqu’aux années 70, aucune tour ne devait dépasser la hauteur de 110 mètres, les architectes de la deuxième génération ont été dispensés de cette contrainte. Ainsi les architectes Wallace Harrisson et Max Abramovitz avec Jean-Pierre Bisseuil proposeront à l’assureur Gan une tour en forme de croix grecque depuis son pied jusqu’à son sommet qui culminera à 179 mètres. Cette hauteur, importante pour l’époque va susciter une vive émotion durant l’été 1972. A cette époque, les parisiens découvrent, pour certains avec stupeur, que le noyau en béton de la tour est visible depuis la rue de Rivoli à l’arrière de l’Arc de Triomphe.

La presse se déchaîna pendant plusieurs semaines contre l’érection  arrogante de la tour Gan qui ne cessait de s’élancer  dans le ciel. Les titres s’enchaînent dans les journaux « Paris est tombé aux mains des barbares », « Menace sur La Défense », « Paris défiguré par les administrations qui ont échappé à tout contrôle » ; « Faut-il raser l’Arc de Triomphe? » . Valéry Giscard d’Estaing, futur président de la république en 1974, est alors lui aussi vigoureusement opposé à ces tours de grande hauteur et propose même la démolition partielle d’une tour.

Mais le président de la république Georges Pompidou clôt le débat en exprimant ses préférences architecturales et son premier ministre Pierre Messmer annonce la poursuite de l’opération ainsi que celle des tours Assur (CB 31) et Fiat (CB 1). La construction de la CB 21 s’achèvera en 1974. Elle est l’une des seules tours du quartier à être construite selon les méthodes américaines : un noyau en béton, des planchers et une structure métalliques. Sa façade, de couleur verte, est entièrement vitrée.

 

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La tour a été rénovée sur 27 niveaux entre 1996 et 2000 pour un budget de 56 M€ sous la maîtrise d’œuvre de Jean-Pierre Bisseuil et sous commande de la direction immobilière de GAN

En juillet 2007, après plus d’une trentaine d’années d’occupation, Gan devenu Groupama, l’unique occupant et propriétaire cède sa tour pour un montant de 486 millions d’euros à Foncière des Régions. Cette cession sera suivie du départ de l’assureur à la fin mars 2008.

 

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Le nouveau propriétaire souhaite profiter du Plan de Renouveau pour restructurer la tour en profondeur et la surélever. Plusieurs propositions émanent de nombreuses agences mais, en septembre 2007, la Foncière confie le projet à Atelier 234 qui propose de faire passer le bâtiment de 75 000 m² à 100 000 m² et sa hauteur de 179 à 236 mètres. Malgré le dédoublement de la tour, cette nouvelle version lui conserve en grande partie son aspect original.

Le permis de construire est accordé en juillet 2008, mais la violente crise qui arriva quelques mois plus tard aura raison de ce projet estimé à 220 M€ s’inscrivant dans le Plan de Renouveau.

 

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Devant la situation du marché extrêmement tendue, Foncière des Régions renonce et annonce officiellement le 16 janvier 2009 la location de 40 000 m² de sa tour à Suez Environnement, après une simple rénovation des plateaux et des espaces communs. Suez Environnement qui s’installe courant 2010 sera rejoint par Chartis qui occupera  6 000 m², soit les étages 1 à 4, au début de l’année 2012.

 

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