La Grande Arche

La Grande Arche

Dès 1969, le promoteur Aaron et la SEFRI demandent à l’architecte Leoh Ming Pei de construire une tour de 70 à 80 étages -la plus haute d’Europe- face au CNIT. L’architecte sino-américain, qui concevra trente ans plus tard la tour EDF, entend placer son ouvrage en plein milieu de l’axe  et propose un double building formant un grand « V » d’une hauteur de 200 mètres qu’il nommera le « Diapason ». C’est à partir de cette étonnante proposition que naîtra l’idée d’une « Tête de La Défense ».

 

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Jalousant la proposition de son confrère, l’architecte Emile Aillaud, proche du président Georges Pompidou fait sa proposition. Il soumet l’idée de construire deux immeubles concaves en forme de demi-cercles de 300 mètres de long et de 70 mètres de haut ouverts sur la capitale. Ce projet ne sera pas vu d’un bon œil. L’architecte conseil de l’EPAD, Daniel Baldani, marque son opposition la plus vive en remettant sa démission. Pour lui ce projet « ferme irrémédiablement l’axe ». A cette opposition, l’intéressé répond « Après la colline de La Défense, le tissu urbain n’existe plus ; ce n’est qu’un panorama ferroviaire  anarchique, coupé de cimetières et d’usines ; une perspective qui a 8 km ne peut durer jusqu’à la mer,… au-delà d’une certaine mesure, la voie « royale » ou « triomphale » n’est plus qu’une route et passe du domaine monumental à la voirie ».

 

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Cette situation met le chef de l’Etat dans l’embarras. D’autant plus que l’Académie d’architecture exprime unanimement les plus grandes réserves.

Afin de calmer le jeu, l’EPAD lance une consultation: 13 projets sont proposés. Tandis que Pei peaufine ses esquisses, Aillaud rabaisse son projet à 55 mètres de hauteur. Cette modification lui vaudra de remporter la consultation par sept voix contre six. La victoire est confirmée officiellement le 10 juillet 1973, par le ministre de l’Aménagement, Olivier Guichard. Mais la question de fermer définitivement cet axe royal voulu par Le Nôtre revient. Certains souhaitent y voir un espace public, d’autres un programme privé. L’idée d’y implanter le Ministère de l’Aménagement se répand. Mais le choc pétrolier de 1973 aura raison du projet (cf. paragraphe  :  1973, la crise du choc pétrolier freine les ambitions de La Défense).

 

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Devenu une obsession pour l’EPAD et les architectes, le projet Tête Défense revient officieusement à l’été 1979 avec une consultation qui restera infructueuse. C’est le jour de la fête du 8 Mai 1980, que l’EPAD relance, cette fois-ci de manière officielle une consultation auprès de 23 architectes. Pour ne pas énerver « les anti-tours » l’EPAD demande aux concurrents que leur projet ne soit pas visible du Louvre à la place de l’Etoile préservant ainsi la voie des Rois. Le Ministre de l’Environnement et du Cadre de Vie, Michel d’Ornano retiendra le projet de Jean Willerval qui met en scène des immeubles « cristaux »  ne dépassant pas une hauteur de 50 mètres depuis la dalle. A la différence du projet d’Aillaud, Willerval propose de percer son immeuble en deux pour continuer la perspective.

 

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L’élection de François Mitterrand le 10 mai 1981 marquera un coup d’arrêt au projet. Roger Quilliot, le nouveau ministre de l’Urbanisme annonce officiellement son abandon. François Mitterrand préfère que soit construit un immeuble fort et symbolique plutôt qu’un immeuble de bureaux.

Le 7 juillet 1982, Roger Quilliot et Robert Lion lancent un grand concours international pour fermer l’axe de manière magistrale. Les candidats doivent répondre à un programme comprenant quatre éléments principaux :

– Un carrefour international de la communication sur 45 000 m²,

– Les organismes associés à ce carrefour sur 30 000 m2,

– Les ministères de l’Urbanisme, du Logement et de l’Environnement sur 75 000 m²,

– Des services et commerces sur 10 000 m².

Ce concours a recueilli 424 projets anonymes venus du monde entier. Quatre seront sélectionnés par l’EPAD et présentés au Président. A l’issue de ce grand concours, François Mitterrand, dans un communiqué déclare : « Le président de La République a apprécié le haut niveau architectural des projets qui lui ont été soumis. Parmi, ceux-ci, il a été décidé de retenir la proposition de Johann Otto von Spreckelsen, dont le projet est apparu « remarquable » par sa « pureté », par la force avec laquelle il pose un nouveau jalon sur l’axe historique et par son ouverture ». Inconnu en France, les responsables du projet iront chercher  l’architecte dans son pays, le Danemark. La construction de l’ouvrage ne démarrera que quelques années plus tard…

 

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Johann Otto von Spreckelsen et Erik Reitzel conçoivent l’Arche de la Défense comme une version XX ème  siècle et revue de l’Arc de Triomphe. Si l’Arc de Triomphe était synonyme de victoire pour les armées françaises, l’Arche de La Défense, appelée également Arche de la Fraternité se veut être un monument consacré à l’humanité et aux idéaux humanitaires.

De forme cubique, l’Arche mesure 112 m de long sur 106,9 m de large pour une hauteur de 110,9 m. Le vide intérieur permettrait d’abriter la Cathédrale Notre-Dame de Paris. Sa forme d’ hypercube se rapproche d’un « tesseract ».

Les deux architectes Johann Otto von Spreckelsen et Erik Reitzel utilisent des matériaux de grande qualité pour réaliser l’ouvrage : béton précontraint à base de fumée de silice, alliant solidité et flexibilité (une densité de 350 kg/m³ contre 120 kg/m³ pour un pont normal) , 2,5 ha de verre anti-reflets, 3,5 ha de marbre de Carrare, utilisé par Michel-Ange pour ses œuvres.

Sur ses deux façades nord et sud, la Grande Arche est recouverte de plaques de verre teinté en noir de 5 cm d’épaisseur, traitées spécialement pour empêcher toute déformation optique et résister à des vents de forte puissance. Les autres parements sont recouverts de plaques de marbre blanc de Carrare sur la façade nord. L’Arche est posée sur 12 piliers qui s’enfoncent à 30 mètres dans le sol et qui supportent sa masse de 300 000 tonnes.

Au sommet, la Grande Arche est l’un des rares bâtiments équipés d’une piste d’hélicoptère.

Le bâtiment possède une mégastructure conçue de telle sorte que les forces soient exercées dans toutes les directions un peu comme un dé. L’Arche pourrait d’une part être levée et d’autre part reposer sur n’importe quelle face. Chaque face horizontale du cube est composée de quatre fois quatre traverses de béton de 75 m de long.

La Grande Arche n’est pas exactement dans l’Axe historique de Paris, avec lequel elle fait un angle de 6°33′ pour deux raisons : la première pour une raison d’ordre technique, Erik Reitzel  a dû installer les fondations de la structure de l’Arche en fonction des contraintes du passage de l’autoroute, des  lignes ferroviaires existantes, ainsi que celles du projet de prolongement de la ligne 1 du métro de Paris. La seconde raison est d’ordre plus symbolique, Johann Otto von Spreckelsen a en effet souhaité décaler la Grande Arche de 6°33′ afin de mettre en valeur le volume du cube et de recréer le décalage existant déjà entre la Cour Carrée du Louvre et la place de la Concorde.

Au bas de l’Arche un grand « nuage » s’accroche aux deux parois. Ce nuage qui est une œuvre à part entière indépendante de la Grande Arche, est composé d’une ossature métallique recouverte d’une membrane de 2 300 m² en fibre de verre, blanche, couverte de PTFE.

Après moult rebondissements, polémiques et tergiversations, en 1985, les premiers coups de pioche du projet « Tête Défense » sont donnés, pour ce qui va devenir l’un des plus grands chantiers de l’histoire de La Défense. Le projet de la Grande Arche est né. Les travaux sont confiés à l’entreprise Bouygues Construction. Environ mille ouvriers contribueront à la réalisation du monument et deux d’entre eux perdront la vie lors de la construction des structures supérieures. En plus des ouvriers, 150 ingénieurs planchent sur le projet. La première pierre est posée par le président de la République François Mitterrand le 9 juillet 1985.

Alors que le chantier est en pleine effervescence, le 16 avril 1986 le gouvernement renonce à la pierre angulaire du projet: le Carrefour  International de la Communication (CIC ou CICOM) auquel Johann Otto von Spreckelsen tenait tant.

Le CIC ou CICOM devait être une prestigieuse vitrine culturelle et scientifique du plus grand quartier d’affaires européen. Le communiqué officiel de la présidence de la République du 9 mars 1982 souhaite ouvrir la France sur les cultures du monde entier et diffuser « à travers l’univers les messages dont notre pays est porteur». C’est le message fort auquel l’architecte est très attaché. Son œuvre est avant tout « l’arcade triomphe de l’homme ». De 1982 à 1986, les idées se succèdent, les présidents du Carrefour se suivent, proposant des lieux d’exposition et de spectacles, des «centres de ressources», des « showrooms », des centres de communication ou plutôt d’affaires qui pourraient accueillir IBM, la Métro Goldwyn Mayer, des agences de presse…

Fâché et pour des raisons de santé, en pleine construction durant l’été 1986, Johann Otto von Spreckelsen demande à être libéré de toutes ses obligations concernant l’Arche. La Maîtrise d’ouvrage accepte cette demande de désengagement, et l’architecte danois transmet la responsabilité de l’architecture à Paul Andreu. Il décédera le 16 mars 1987 à Hørsholm sans  voir son œuvre terminée.

La construction des parois sud et nord dure un an environ, deux équipes indépendantes travaillant en parallèle sur chacune d’elles.

 

 

Le chantier de la Grande Arche a nécessité l’utilisation de 10 grues à tour, qui ont été réparties de la manière suivante :

– 4 grues à tour de forte capacité sur les deux parois extérieures ( 2 par parois )
– 4 grues à tour de forte capacité en pied pour construire le socle et les méga poutres
– 2 grues à tour de très forte capacité installées au sommet des deux parois Nord et Sud pour construire le toit

Lors d’une tempête le 16 octobre 1987, à la suite de violentes rafales de vent ayant surtout touché le Nord Ouest de la France, l’une des quatre grues à tour installée au pied de l’édifice s’abat sur le boulevard circulaire sans faire de victime.

 

 

Le 25 juin 1987, le cintre de construction sur le toit est mis en place. La pose des premières plaques de marbre blanc débute en juillet. Pour le premier jour du mois de juillet 1988 le gros œuvre est achevé après trois années de travail. Les travaux du « Nuage » du socle et du foyer de l’Arche se déroulent de novembre 1987 à janvier 1988.

 

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L’artiste Jean Dewasne signe l’œuvre la « Fresque Monumentale ». L’œuvre prend la forme d’un ensemble de fresques abstraites, réparties sur les espaces intérieurs des 34 étages de la paroi sud de la Grande Arche, ainsi que dans le hall d’entrée de la paroi nord. Au total, les fresques recouvrent un hectare. Au sommet c’est l’artiste Jean-Pierre Raynaud qui signe la « Carte du Ciel ». L’œuvre est située au sommet de l’édifice dans les quatre patios où sont dessinés une partie d’un zodiaque, présentant les douze signes astrologiques.

C’est sans son architecte, deux ans après sa mort, que la Grande Arche de La Défense est inaugurée en juillet 1989. L’Arche accueillera un évènement de taille pour son ouverture. Du 14 juillet au 17 juillet 1989, le G7 y est organisé, célébrant par la même occasion le bicentenaire de la prise de la Bastille. Il réunira George H.W. Bush, président des Etats-Unis ; Sōsuke Uno, premier ministre du Japon ; Helmut Kohl, chancelier fédéral ouest-allemand ; Margaret Thatcher, premier ministre du Royaume-Uni ; Ciriaco De Mita, président du conseil Italien ; Brian Mulroney, premier ministre du Canada et leur hôte François Mitterrand, président de la France.

Le public devra attendre le 26 août 1989 pour pouvoir accéder au Toit de l’Arche. Après avoir pris l’un des six ascenseurs panoramiques, les visiteurs peuvent profiter de l’accès au belvédère pour observer l’axe historique.

Alain Robert, surnommé le « Spiderman français » qui a un long palmarès de tours escaladées dans le monde et notamment à La Défense tentera d’escalader la paroi nord (côté Parvis) de la Grande Arche le 8 septembre 1999. Mais la mauvaise fixation des plaques de marbre contraindra l’homme araignée à stopper son escalade à mi-hauteur. Il sera secouru par les pompiers sous les yeux de centaines de personnes.

 

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En juin 2007, l’IESEG (école de commerce, gestion et management)  annonce l’acquisition de 6000 m2 dans la Grande Arche, situés sur un seul plateau qui accueillait auparavant les espaces d’exposition et de conférences de l’ancien centre d’information sur l’Europe, « Sources d’Europe » fermé le 30 juin 2004 faute de financements suffisants. C’est à la rentrée de septembre 2009 que le campus de la Grande Arche ouvre ses portes. Ses 6 000 m2 accueilleront un amphithéâtre de 180 places, un amphithéâtre de 122 places, un amphithéâtre de 94 places, 10 amphithéâtres de 48 places, 10 salles de travail, 3 salles multimédia, une bibliothèque de 350 m2, une salle d’examen modulable, une cafétéria et des locaux associatifs. Le campus de La Défense a une capacité d’accueil de 1 000 étudiants. Le montant total de l’investissement (acquisition  et les  travaux) s’élève à 18,5 millions d’euros souligne l’IESEG. L’école est inaugurée le 4 février 2010 par Laurent Wauquiez, secrétaire d’État à l’Emploi en présence de Joëlle Ceccaldi-Raynaud, présidente de l’EPAD et député- maire  de Puteaux ; Thérèse Lebrun, président-recteur de l’université Catholique de Lille ; Gérard Nalpas, président de l’IESEG et Jean Philippe Ammeux, directeur de l’IESEG.

 

L'inauguration de l'IESEG - ©Defense-92.fr

L’inauguration de l’IESEG – ©Defense-92.fr

 

Le Toit de la Grande Arche a attiré des milliers de visiteurs durant ses 20 ans d’exploitation. En avril 2008 ouvre le Musée de l’informatique après plusieurs expositions dédiées également à l’informatique qui avaient remporté un grand succès sur le Toit. Ce musée initié par Philippe Nieuwbourg présente sur 800 m² environ, 200 pièces informatiques pour certaines rares. Le musée retrace la naissance et l’histoire d’internet de la Guerre Froide à nos jours et donnait lieu à diverses expositions, notamment sous formes de vidéos, de textes illustrés ou encore d’audio-guides. Dans ce musée, on pouvait voir des ordinateurs aussi grands que des armoires qui aujourd’hui rentreraient par milliers dans nos clés USB, les tout premiers calculateurs, le fameux Osborne 1, le premier ordinateur transportable, le Macintosh  dédicacé par Steve Jobs, et une centaine d’objets et de documents nous montrant les différentes étapes de l’évolution de l’informatique.

 

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De plus le Toit de la Grande Arche abritait le restaurant Ô110, qui n’est en revanche pas un restaurant panoramique.

La plupart des pièces du musée ont été offertes par des donateurs, à charge pour le musée de les conserver et de les restaurer si nécessaire. C’est ainsi que le Musée de l’informatique a pu acquérir des pièces telles que le Cray XMP, ou encore une collection de Macintosh, cette dernière étant exposée dans le cadre de l’exposition temporaire « Mac, 25 ans déjà »

Les collections du musée présentent l’évolution vers l’informatique depuis la fin du XXe siècle, grâce à environ deux cents pièces de diverses époques et de reconstitutions autour d’une scénographie nommée « le fil du temps ». On peut y découvrir la reconstitution d’une salle informatique des années 1960, le « Micral », premier micro-ordinateur au monde inventé par un français, ou encore des consoles de jeux vidéo des années 1980, mais aussi le premier PC portable ainsi que la première souris d’ordinateur.

 

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Alors que le « Toit » vient de fêter ses 20 ans après avoir attiré des milliers de touristes venus prendre les ascenseurs panoramiques pour grimper ensuite les quelques marches permettant de contempler l’Axe Historique depuis le Belvédère, un second musée, le musée du Jeu Vidéo s’apprête à ouvrir lorsqu’un incident se produit. Le 11 avril 2010, une pièce se détache de l’un des quatre ascenseurs panoramiques ; immédiatement le Ministère et la société d’exploitation du Toit prennent la décision de suspendre  leur exploitation le temps de réaliser un audit de sécurité. Pendant deux semaines, les visiteurs sont autorisés à accéder au Toit de la Grande Arche en utilisant deux ascenseurs intérieurs de la paroi nord (appartenant à des copropriétaires dont le Ministère de l’Environnement) ; dans le même temps le musée du Jeu Vidéo ouvre ses portes.

Le musée du Jeu Vidéo connait une triste et courte vie de quatorze jours. Ce musée qui s’étalait sur une surface de 200 m² présentait tout l’univers et la culture du jeu vidéo. Avec Alerte Orange, la société d’exploitation de la Grande Arche retrace les 30 ans du jeu vidéo. Une centaine de consoles sont exposées : De la Super Pong conçue par Atari en 1985 à la PS3 par Sony en 2006, en passant par la Nes développée par Nintendo en 1985 révélant le plus célèbre des plombiers : Mario Bross ou encore Sonic imaginé par Sega à l’origine de la Dreamcast, la Mégadrive,… Parmi la multitude de consoles présentées, des pièces rares : La Brown Box, première console de jeux vidéos a été éditée à seulement 10 exemplaires dans le monde. Une grande partie des consoles portables sont également présentées : les différentes Game Boy de Nintendo, les Psp de Sony, la Nomad et la Game Gear de Sega, la N gage de Nokia,…

 

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Une centaine d’objets, de figurines, de peluches,… dédiés à cet univers faisant aujourd’hui partie du patrimoine culturel, sont exposés. Des vidéos extraites de « La Fabuleuse Histoire des jeux vidéo » et un espace dédié au design sont également à découvrir.

Seuls de  rares visiteurs, environ 5 000, ont pu découvrir ou redécouvrir les deux premiers jeux vidéos les plus célèbres de l’histoire,  Pong et Pac Man , et jouer une partie sur l’un des deux écrans mis à leur disposition.

Le 24 avril 2010, l’autorisation d’usage des ascenseurs intérieurs est retirée (des salariés du Ministère se seraient plaints de perdre quelques minutes de leur pause-cigarette, en raison de l’immobilisation de deux ascenseurs sur les quatre de cette batterie intérieure utilisée essentiellement par le Ministère). Depuis ce jour, le Toit de la Grande Arche est fermé au public. Quelques jours après, le Ministère annonce une période de fermeture de quatre mois nécessaire à la réparation des ascenseurs. Ne voyant pas la situation se débloquer, Philippe Nieuwbourg, le directeur du Musée de l’Informatique écrit plusieurs courriers toujours restés sans réponse aux différents échelons du Ministère de l’Environnement. Le 11 juillet 2010, Philippe Nieuwbourg écrit directement à Jean-Louis Borloo pour l’informer du flou de la situation et lui demander d’agir, au moment où les ascenseurs panoramiques sont réparés. Le 28 juillet 2010, le couperet tombe : une réponse du Secrétaire Général du ministre, Jean-François Monteil, informe Philippe Nieuwbourg que le Ministère de l’Environnement souhaite recouvrer l’usage de ces locaux pour ses besoins propres. Entre temps la cinquantaine de salariés du Toit est mise en chômage technique. Depuis le 24 avril 2010, le « Toit » n’est donc plus accessible au public, mais depuis 2012 le Ministère souhaiterait le faire rouvrir.

Parallèlement en mai 2010, après avoir été protégée pendant de nombreuses années par des filets et barrières de protection, la façade sud de la Grande Arche est rénovée. Quelques années à peine après son inauguration en 1989, des plaques de marbre commençaient déjà à chuter des deux parois abritant des bureaux. Dès 1993, les premières expertises avaient été organisées; en 1997, le ministère de l’environnement avait obtenu de l’assureur du constructeur le changement des plaques grâce à la garantie décennale.

Le ministère de l’Environnement explique cet important délai avant le début des travaux en raison des longues procédures liées aux études d’installation de nouvelles dalles, aux validations des architectes, aux appels d’offres,…

Les travaux débutent en mai pour une durée de 8 mois : 5 700 dalles sont changées ce qui représente une surface de 2 800 m². Les 215 tonnes de marbre de Carrare recyclés, laissent place à du granit de type SPI. Les travaux menés par Uni-marbre atteignent un montant de 1,8 millions d’euros qui seront entièrement pris en charge par l’assureur.

La paroi sud, propriété de plusieurs copropriétaires n’est cependant pas ravalée et son pied reste protégé par un périmètre de sécurité.

Aujourd’hui la Grande Arche est occupée dans la partie bureaux par les services du ministère de l’Environnement, ainsi que par d’autres entreprises …

 

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